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un seul est le mot juste.

Poésies complètes I, 1907· IV L’âme solitaire Les livres ― L’Ame· II L’âme

Les vieux temples

Albert Lozeau· 10 quatrains, alexandrins, 40 vers

Dans la tranquillité‖ pieuse des vieux templesOù le soir se conserve‖ enfermé tout le jour,Où l’humidité plane‖ en rôdant alentourDes piliers, on médite‖ en paix les grands exemples.

Rien du luxe profane‖ aux yeux n’y vient fleurir ;Plus profonde est la foi‖ dans les vieilles églises ;Le respect entre mieux,‖ comme les têtes grises,Où l’on sent vaguement‖ quelque chose mourir.

C’est la piété grave‖ aux pieds d’un Christ en plâtre,Qui penche son front lourd‖ pour l’approcher de nous ;C’est le recueillement‖ naïf à deux genouxDont la ferveur n’est pas‖ feinte, comme au théâtre ;

C’est la station triste‖ et lente avec amour,Quatorze fois reprise‖ en prières chrétiennes,Du chemin de la croix‖ aux images anciennes,Laides, sincèrement,‖ mais dont on fait le tour ;

C’est l’humilité vraie‖ et l’émotion pure ;Le sou glissé dans l’ombre‖ au pauvre tronc de bois ;L’eau bénite qu’on prend‖ encor du bout des doigtsEt non du bout des gants,‖ craignant quelque souillure ;

C’est l’ostensoir terni‖ sur l’autel presque nu,Le tabernacle saint,‖ frère encor de la crèche,Qui ne nous parlent pas‖ d’une grandeur revêche,D’un Roi très exigeant‖ ni d’un Dieu parvenu !

En vérité, c’est là,‖ dans les vieilles églises,Sous des murs gris que l’or‖ n’a pas modernisés,Où les pauvres ne sont‖ jamais dépaysés,Que le bon Juge tient‖ d’indulgentes assises.

Là, l’Évangile est lu‖ d’un regard moins hâtif,Les violons des bals‖ s’arrêtent à la porte ;Là, survit la splendeur‖ douce qui réconforteEn la simple beauté‖ du culte primitif.

La richesse n’est pas‖ un obstacle aux croyances :C’est un salut du siècle‖ à l’orgueilleux veau d’orDont le règne s’annonce‖ où Dieu triomphe encor,Par l’éclat insolent‖ de ses magnificences !

Ah ! comme j’aime mieux,‖ âme rustre, prierDans la tranquillité‖ pieuse des vieux temples,Dont les murs dénudés‖ m’offrent de grands exemplesSans parole, et, pourtant,‖ qu’on ne peut oublier !

Versification

Forme
10 quatrains (quatrains)
Rimes
10(abba)
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Strophes
10 quatrains
Mots à la rime
a temples / exemples féminine, classiqueb jour / alentour masculine, classiquea fleurir / mourir masculine, classiqueb églises / grises féminine, classiquea plâtre / théâtre féminine, classiqueb nous / genoux masculine, classiquea amour / tour masculine, classiqueb chrétiennes / anciennes féminine, classiquea pure / souillure féminine, classiqueb bois / doigts masculine, classiquea nu / parvenu masculine, classiqueb crèche / revêche féminine, classiquea églises / assises féminine, classiqueb modernisés / dépaysés masculine, classiquea hâtif / primitif masculine, classiqueb porte / réconforte féminine, classiquea croyances / magnificences féminine, classiqueb d’or / encor masculine, classiquea prier / oublier masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

40 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources