Poésies complètes II, 1912· Le miroir des jours (1907-1912)· I La ville et les bois
L’apothéose
Par la vitre embrasée‖ où meurt le soleil rougeQui rose la blancheur‖ du rideau transparent,Je regarde flamber‖ sous l’azur fulgurantUn arbre dont la tête‖ à demi-chauve bouge.
Et dans cette splendeur‖ baignant sa nudité,Plein de lumière dont‖ le prisme le colore,Magnifique, il a l’air‖ de croître dans l’auroreEt de tremper au ciel‖ son vieux front dévasté !
Droit sur le couchant pourpre,‖ il découpe ses branchesEt ses rameaux pareils‖ à du pâle corail,Et dans sa cime ardente‖ ouverte en éventailIl balance de l’or‖ mêlé de lueurs blanches.
Mais le royal soleil‖ que le soir a surprisDisparaît en laissant‖ un vestige de gloire,Et l’arbre qu’il a fait‖ splendide, en l’ombre noire,Nu de rayons, n’est plus‖ qu’un vieil érable gris.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a rouge / bouge féminine, classiqueb transparent / fulgurant masculine, classiquea nudité / dévasté masculine, classiqueb colore / l’aurore féminine, classiquea branches / blanches féminine, classiqueb corail / éventail masculine, classiquea surpris / gris masculine, classiqueb gloire / noire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources