Poésies complètes II, 1912· Le miroir des jours (1907-1912)· III L’âme et l’esprit
Le livre
J’OUVRE un livre, et c’est comme‖ une voix que j’entends.Un visage adorable‖ apparaît dans les lignes.Si je lis Rodenbach,‖ je vois nager des cygnesSur des canaux et dans‖ la brume aux plis flottants.
Je vois des ciels, des mers,‖ des jardins éclatants,Par le miraculeux‖ pouvoir de petits signes ;Et j’écoute, égayé,‖ – faveur des plus insignes, –Une reine me dire‖ un conte du vieux temps.
Avec un livre, on ne‖ craint pas la solitude.Le livre, c’est l’ami‖ dont on a l’habitude,Dont la joie est la nôtre‖ et la douleur aussi ;
Le miroir où le cœur‖ se regarde lui-même,Étonné de se voir‖ à nu, triste et saisiDevant la ressemblance‖ effrayante et suprême !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a j’entends / flottants masculine, classiqueb lignes / cygnes féminine, classiquea éclatants / temps masculine, classiqueb signes / insignes féminine, classiquea solitude / l’habitude féminine, classiqueb aussi / saisi masculine, classiquea lui-même / suprême féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources