Poésies complètes II, 1912· Le miroir des jours (1907-1912)· I La ville et les bois
Lumière
Je regarde, et j’emplis‖ mes yeux de ta lumière,Beau ciel où pas un seul‖ nuage n’apparaît,Et j’éprouve un plaisir‖ indicible et secretÀ sentir converger‖ l’azur sous ma paupière !
Le bleu me glisse au cœur,‖ frais comme une rivièreQui, sans me déborder,‖ toujours s’élargirait,Et l’immense infini‖ que rien ne contiendrait,Vague à vague, s’étale‖ en mon âme humble et fière !
Tout l’espace est en moi,‖ qui vibre clairement ;Je l’ai bu du regard‖ de moment en moment,Et pourtant je ne suis‖ qu’un atome en l’espace…
Le ciel bleu descendu‖ dans mon infimitéRoule comme un profond‖ torrent d’éternité,Dans lequel, ébloui,‖ je me mire et je passe !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a lumière / paupière féminine, classiqueb n’apparaît / secret masculine, classiquea rivière / fière féminine, classiqueb s’élargirait / contiendrait masculine, classiquea clairement / moment masculine, classiqueb l’espace / passe féminine, classiquea infimité / d’éternité masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, ?, 1925· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources