Poésies complètes III, 1916· Lauriers et feuilles d’érable 1912-1922· Iv. les images du pays.
Dépouillement
Les feuilles ont tombé trop vite,Jonchant la terre en un moment,Et chaque petit corps palpiteDe ce brutal arrachement.
Le vent, à grands coups, par rafales,A dépouillé d’un souffle durLes chevelures triomphalesQui se balançaient sous l’azur.
Ce fut un envolement triste,Presque sans grâce, brusque et lourd,De l’arbre penché qui résisteDans la grise clarté du jour.
Ce ne fut qu’une chute prompte,Un entraînement vif et fol, –Rien qui se détache et qui monte,Voltige, et se repose au sol.
Du jaune s’abat, du brun tourne,S’emmêle et se disperse au loin,S’accroche, revient et retourneAu vent qui ne se lasse point.
Après la plaintive avalanche,Il ne reste que des lambeauxQui frissonnent de branche en branche,À l’extrémité des rameaux…
Mais dissipant cette détresseQu’infligea l’ouragan cruel,Voici l’arbre qui se redresse,Tenant entre ses bras le ciel !
Ainsi de moi ; car à mesureQue s’envole ma vanité,Je sens mon âme qui s’azureDu reflet de l’éternité !
Versification
- Forme
- 8 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 8 quatrains
- Mots à la rime
- a vite / palpite féminine, classiqueb moment / arrachement masculine, classiquea rafales / triomphales féminine, classiqueb dur / l’azur masculine, classiquea triste / résiste féminine, classiqueb lourd / jour masculine, non classiquea prompte / monte féminine, classiqueb fol / sol masculine, classiquea tourne / retourne féminine, classiqueb loin / point masculine, non classiquea avalanche / branche féminine, classiqueb lambeaux / rameaux masculine, classiquea détresse / redresse féminine, classiqueb cruel / ciel masculine, classiquea mesure / s’azure féminine, classiqueb vanité / l’éternité masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.0· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, Montréal, 1925-1926· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources