Poésies complètes III, 1916· Lauriers et feuilles d’érable 1912-1922· Iv. les images du pays.
Le lac saint-louis
Nous sommes arrêtés‖ près du lac vaste et clairQui fait jaillir sa vague‖ en gerbes sur la rive ;La fraîche odeur de l’eau‖ comme un grand souffle arriveDu lointain violet‖ où le regard se perd.
Ce lac semble parfois‖ une petite mer.Il écume ; il est pris‖ d’une colère vivePour un nuage noir‖ qui vogue à la dériveEt dont le reflet traîne,‖ obscurcissant son air.
Nuit et jour agité,‖ comme une âme en détresseQu’une douleur profonde‖ aigrit, tourmente et presse,Le lac bouleversé‖ trouble ses grandes eaux.
Que la nuit qui descend,‖ lac irrité, t’apaise,Et que, tranquille et doux,‖ tu dormes à ton aiseEn reflétant le ciel‖ parsemé de flambeaux !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a clair / perd masculine, non classiqueb rive / arrive féminine, classiquea mer / air masculine, classiqueb vive / dérive féminine, classiquea détresse / presse féminine, classiqueb eaux / flambeaux masculine, classiquea t’apaise / aise féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, Montréal, 1925-1926· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources