Poésies complètes III, 1916· Lauriers et feuilles d’érable 1912-1922· Iv. les images du pays.
Le sang lointain
D’où me vient ce désir‖ obstiné de la terre ?À qui dois-je ce goût‖ des champs ensemencés,Et ces rêves, en vain‖ faits et recommencés,De devenir un jour‖ rural propriétaire ?
J’ai vécu loin des bois‖ à l’ombre salutaire,Et que de souvenirs‖ exquis ils m’ont laissés !La maison où mes ans‖ ne se sont point passés,J’en ai le nostalgique‖ amour… Par quel mystère ?
Mon père ne fut pas‖ laboureur, et pourtant,Je me souviens d’un beau‖ visage d’habitant,Bruni par le soleil,‖ à longue barbe blanche…
C’est que peut-être en moi‖ se réveille le sang,Appauvri, mais de race‖ incorruptible et franche,D’un robuste et lointain‖ ancêtre paysan.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a terre / propriétaire féminine, classiqueb ensemencés / recommencés masculine, classiquea salutaire / mystère féminine, classiqueb laissés / passés masculine, classiquea pourtant / d’habitant masculine, classiqueb blanche / franche féminine, classiquea sang / paysan masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.7
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Montréal, Montréal, 1925-1926· numérisation La Bibliothèque électronique du Québec· Sources