Poèmes incongrus, 1891
Le parapluie
À l’ami Plet.
Le premier jour de mars‖ allant à Charenton,Je m’étais acheté,‖ craignant les giboulées,Un beau parapluie aux‖ baleines effiléesEmmanché de bois noir‖ et couvert en coton.
J’arrivai sur le quai‖ crotté jusqu’au menton ;Le vent faisait courir‖ les dames dévoiléesEt l’espace était plein‖ de choses envolées.Mais voilà qu’en mettant‖ les pieds sur le ponton,
Mon emplette m’échappe‖ et tombe dans la Seine ;Pas un homme de cœur‖ pour lui porter secours.Ainsi disparaissez,‖ illusions, toujours.
L’été suivant, non loin‖ de la Samaritaine,Un pêcheur qui n’avait‖ rien pris depuis trois joursEn retirant sa ligne‖ y vit une baleine.
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a Charenton / coton masculine, classiqueb giboulées / effilées féminine, classiquea menton / ponton masculine, classiqueb dévoilées / envolées féminine, classiquea Seine / Samaritaine / baleine féminine, classiqueb secours / toujours / jours masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes incongrus, Paris, Léon Vanier, Bibliopole, 1891· numérisation wikisource.org· Sources