Poèmes incongrus, 1891
Sonnet des pâles Machabées
Depuis Choisy-le-Roi‖ jusqu’au pont de SuresnesOn les voit lentement‖ flotter au fil de l’eau,Ils ont le teint blafard‖ comme un tronc de bouleau,Leur ventre a le ton bleu‖ des mortelles gangrènes.
Ah ! qu’ils sont laids à voir‖ pendant les nuits sereinesAlors qu’un hydrogène‖ impur gonfle leur peauComme un chasselas bien‖ mûr de Fontainebleau…Et l’on entend au loin‖ le doux chant des sirènes !
Ils s’en vont par morceaux‖ et nous les achevons :Des citoyens faisant‖ de longues enjambéesVont les cueillir avec‖ des perches recourbées.
Ô vieux fleuve blanchi‖ par l’âge et les savons,Rejette de ton sein‖ les pâles machabées,Car cette eau-là, vois-tu,‖ c’est nous qui la buvons !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba cdd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Suresnes / gangrènes féminine, classiqueb l’eau / bouleau masculine, classiquea sereines / sirènes féminine, classiqueb peau / Fontainebleau masculine, classiquea achevons / savons / buvons masculine, classiqueb enjambées / recourbées / machabées féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes incongrus, Paris, Léon Vanier, Bibliopole, 1891· numérisation wikisource.org· Sources