Œuvres poétiques de malherbe, 1630
XVII. A madame la princesse douairière, charlotte de la Trimouille
Quoi donc, grande Princesse en la terre adorée,Et que même le ciel est contraint d’admirer,Vous avez résolu de nous voir demeurerEn une obscurité d’éternelle durée ?
La flamme de vos yeux, dont la cour éclairéeA vos rares vertus ne peut rien préférer,Ne se lasse donc point de nous désespérer,Et d’abuser les vœux dont elle est désirée ?
Vous êtes en des lieux où les champs toujours verts,Pour ce qu’ils n’ont jamais que des tièdes hivers,Semblent en apparence avoir quelque mérite.
Mais si c’est pour cela que vous causez nos pleurs,Comment faites-vous cas de chose si petite,Vous de qui chaque pas fait naître mille fleurs ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources