Œuvres poétiques de malherbe, 1630· Fragments sans date.
CXVIII. Fragments
A MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU (1630).
Grand et grand prince de l’Église,Richelieu, jusques à la mort,Quelque chemin que l’homme élise,Il est à la merci du sort ;Nos jours filés de toutes soiesOnt des ennuis comme des joies ;Et de ce mélange divers.Se composent nos destinées,Comme on voit le cours des annéesComposé d’étés et d’hivers.
Tantôt une molle bonaceNous laisse jouer sur les flots ;Tantôt un péril nous menace,Plus grand que l’art des matelots ;Et cette sagesse profondeQui donne aux fortunes du mondeLeur fatale nécessité,N’a fait loi qui moins se révoque,Que celle du flux réciproqueDe l’heur et de l’adversité.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques de malherbe, Paris, LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie, 1863· numérisation gallica.bnf.fr· Sources