Poésies, 1887
Apparition
La lune s'attristait.‖ Des séraphins en pleursRêvant, l'archet aux doigts,‖ dans le calme des fleursVaporeuses, tiraient‖ de mourantes violesDe blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles— C’était le jour béni de ton premier baiser.Ma songerie aimant‖ à me martyriserS'enivrait savamment‖ du parfum de tristesseQue même sans regret‖ et sans déboire laisseLa cueillaison d'un Rêve‖ au cœur qui l'a cueilli.J'errais donc, l'œil rivé‖ sur le pavé vieilliQuand avec du soleil‖ aux cheveux, dans la rueEt dans le soir, tu m'es‖ en riant apparueEt j'ai cru voir la fée‖ au chapeau de clartéQui jadis sur mes beaux‖ sommeils d'enfant gâtéPassait, laissant toujours‖ de ses mains mal ferméesNeiger de blancs bouquets‖ d'étoiles parfumées.
Versification
- Forme
- 1 distiques (distiques)
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 1 distiques
- Mots à la rime
- a pleurs / fleurs masculine, classiqueb violes / corolles féminine, classiquec baiser / martyriser masculine, classiqued tristesse / laisse féminine, classiquee cueilli / vieilli masculine, classiquef rue / apparue féminine, classiqueg clarté / gâté masculine, classiqueh fermées / parfumées féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1914· numérisation wikisource.org· Sources