Poésies, 1887
Tristesse d’été
Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureuxEt, consumant l’encens sur ta joue ennemie,Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.
De ce blanc Flamboiement l’immuable accalmieT’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux,« Nous ne serons jamais une seule momieSous l’antique désert et les palmiers heureux ! »
Mais ta chevelure est une rivière tiède,Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsèdeEt trouver ce Néant que tu ne connais pas.
Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,Pour voir s’il sait donner au cœur que tu frappasL’insensibilité de l’azur et des pierres.
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 8((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a endormie / langoureux féminine, classiqueb ennemie / amoureux masculine, classiquea accalmie / peureux féminine, classiqueb momie / heureux masculine, classiquea tiède / obsède féminine, classiqueb pas / paupières masculine, classiqueb frappas / pierres féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies, NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1914· numérisation wikisource.org· Sources