Vers de circonstance, 1881‑1898
Autres dons de nouvel an
Éva, princesse ou métayèreAllumeuse du divin feuEn y posant cette théièreSaura le modérer un peu.
Clair regard furtif sur soi-mêmeCe miroir vous l’enfouirezDans quelque robe rose ou crèmeSitôt vos cheveux admirés.
Cet humble miroir s’ennuyaitDe ne refléter ton visageOu, par la fenêtre, en JuilletQuelque autre moins doux paysage.
Ta lèvre contre le cristalGorgée à gorgée y composeLe souvenir pourpre et vitalDe la moins éphémère rose.
Lilith confie à votre soinCe rejeton qu’elle fit naîtrePour qu’assis en un petit coinAinsi vous revoyiez son maître.
Mon très vieux cœur ne dissimuleIci l’espoir que vous groupiezAu gré de l’une ou l’autre muleLa braise éparse sous vos pieds
Dons de mouchoirs
Acclamez d’un petit bruit d’aileSon nez qui jamais ne prisa,Mouchoirs, sans cacher le fidèleSourire de notre Élisa.
Quand s’approchera de son nezLa batiste qu’elle déploie,Mouchoirs, pour Élisa sonnezToute une fanfare de joie.
Si vous faites naufrage, Élisa tout nous sert,Agitez ces mouchoirs sur un îlot désert.
Celle ici qui ne prisaQue l’amitié simple et francheVeut pour son nezÉlisaUne pure toile blanche
Mieux vaut sécher le coryzaQue des larmes, bonne Élisa
Lisaque votre nez répèteLe salut dans chaque mouchoirD’une impartiale trompetteA l’an qui se lève ou va choir
Quoique à ses pieds une sultaneEnsemble n’en voie autant choirLisa, recevez de StéphaneMallarmé maint et maint mouchoir.
Ces mouchoirs un peu trop donnésLisa souriante sans cesseNe les approchez pas du nezQui manque à la jeune Princesse
Respirer à chaque bouchéeDe ce gâteau qu’on entamaSi l’on ne veut être couchéeAvec du mal à l’estomac
Livres aux Étrennes
Ce poème devenu prose,Comme tout se passe à l’envers !Moi qui devrais pour chaque roseNe vous envoyer que des vers
Sur Pégase si bien en selleOù que vous jette son élanRestez Bibi, MademoiselleJulie, avec le nouvel an
Ici même l’humble greffierAtteste la mélancolieQui le prend d’orthographierJulie autrement que Jolie
Julie ou Bibi du MesnilRêvant à l’endroit nommé cieuxNe méprisez ni le nez ni l’Hommage ému de vieux messieurs.
Le rire trop prompt à se taireDont votre air grave est divertiL’ombrage d’un autre mystèreQue le seul chapeau Liberty.
Celle qui sous le ciel si viteAtteint une exacte hauteur,Fleurit, svelte lys et n’éviteQu’à son pied reste le tuteur.
Sois correct une étude sûreY mène, Jacques, ô farceurTu tireras avec mesureLes cheveux naissants de ta sœur
Jacques le compagnon, superbe, aîné, chasseurNe médis pas du Ciel qui commande : Et ta sœur ?
Je te donne, Jacques, l’amiLes premiers ans de Franc Lamy
L’an a changé de chemiseAinsi dans un geste fierMéry garde la main miseSur tous ses trésors d’hier
Tu changes d’an comme de robeA ta toilette met la mainCe quatre-vingt-seize dont l’aubeN’est pas celle d’un lendemain
Sans les mettre dans vos souliersComme Noël aux châtelainesDéesse, il sied que vous fouliezPlutôt d’un pas nu ces fleurs vaines.
Ne t’inquiète pas ! souciHasard, tout un an je souhaiteQue rien n’étonne ton sourcilVaste comme un vol de mouette
Sois chez Madame NormantPeut-être un parfum qu’elle aimeHumble bouquet ne formantCe souhait que pour toi-même
L’an s’en va quoique Whistler nieOu par Vous on sache oublierSouriregrâceautre génieDe renverser le sablier.
Nos vœuxflûte vaine ou le ventJe les tairaiWhibley préfèreVous veniez joyeuse au devantDu seul souhait que je peux faire
Quelque hiver sur mon front moroseUn flocon de neige crevaQue de l’ongle mutin et roseVous seule dispersez. Éva
Année attends pour y naîtreSes mains réchauffant ton volMadeleine à la fenêtreDu somptueux entresol.
Sourire et jeunes parfumsVous dites très haut : Que n’ai-je ?Et des almanachs défuntsAussi faites une neige.
Qui vogue sur le flots ? ohé !C’est l’Arche de Monsieur Noé.
Roses, je deviens CéladonAux pieds de Madame Redon
Chaque fleur rêve que Madame AliceCazalis va respirer son calice
Je fais ce don, si votre amitié l’accueillaitQue mon sourire ici brille dans chaque œillet
1895.
1894.
1898.
1895.
1896.
1897.
1898.
1889.
1890.
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1892.
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1897.
Versification
- Forme
- Strophes régulières
- Rimes
- 2(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a métayère / théière féminine, classiqueb feu / peu masculine, classiquea même / crème féminine, classiqueb l’enfouirez / admirés masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 3.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
142 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de circonstance, ÉDITIONS DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1920· Sources