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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Vers de circonstance, 1881‑1898

Fêtes et anniversaires

Stéphane Mallarmé· strophes régulières, octosyllabes, 83 vers

Cette fleur ! il t’est permisQuand, massepain ou mauvietteTu dévores ton salmisDe te mirer en l’assiette.

Avec les fleurs et les joncsDe la rivière tarieIndigemment nous songeonsToute à te fêter, Marie.

En Willy sourit sa maman —Autour de la nappe fleurieFêtons avec ce gentlemanUne heureuse Sainte-Marie.

Samois jubile comme HonfleurL’une à l’autre Marie envoieAvec la même absente fleurUn souvenir tendre de joie.

Ces roses, muettes pour direNotre absence, elles du moinsA lui pareilles sont témoinsDe votre conjugal sourire.

J’offre en une humble rime écriteA Madame Ponsot, HonfleurSon nom de reine-MargueriteElle-même restant la fleur.

Avec ceux des fillettes veuilleNotre joyeux souhait d’un sautChoir, écume aussi qui s’effeuilleAux pieds de Madame Ponsot.

Qu’elle range, sourie ou rieVoilà bien Madame PonsotAppelée aujourd’hui Marie— Une rose sous un gâteau.

On fêterait jusqu’à centAns, selon le même riteLui riant ou l’embrassantNotre chère Marguerite.

Que le bon feuillage abriteEn lui tendant une fleurNotre chère MargueriteToute seule près d’Honfleur.

Tout comme notre sentimentLa même fleur jamais fanéeMadame Ponsot,gentimentRenaît pour vous avec l’année.

Toi les merles, moi la mouette,Sans ces oiseaux correspondonsAujourd’hui que je ne souhaiteRien à qui détient tous les dons.

Voici la date, tends un coinDe ta fraîche bouche étonnéeOù la nature prend le soinDe te rajeunir d’une année.

Un an de moins, mignonne, est traîtreAu retour de chaque printemps,Tu finiras par disparaître ;Il faut t’arrêter à vingt ans.

Tu choisis ton temps pour renaître !Tout, de la fleur ivre et deboutJusqu’au rayon de la fenêtre,Sourit, et tu fais comme tout.

Avril qui rouvre les TalusMême avec ses grêlons n’empêcheDe fleurir la pomme ou la pêcheEt toi-même une fois de plus.

A qui par un regard charmantMême eût-elle les lèvres closesJette à l’entour le diamantOn ne peut donner que des roses.

Août la dore et la duvetteFaut-il, ô dents, que vous n’alliezSavoureuse, odorante, prêteMordre la pêche aux espaliers !

Plus rapide à tire d’aileQue lui de prendre le trainUn heureux baiser fidèleDevancera mon quatrain.

Voici la fleur que j’ai prise àLa main fidèle d’Élisa

Accorde sa mandolinePour fêter Sainte-Pauline.

Sans autre souhait de perrucheTiens, pour ta fête cette ruche

15 Août 1897.

13 Août 1898.

1898.

1892.

Honfleur, 19 Juillet 1894.

1895.

20 Juillet 1896.

1887.

1891.

1892.

15 Août 1898.

Versification

Forme
Strophes régulières
Rimes
3(abab)
Mètre
Octosyllabes
Mots à la rime
a permis / salmis féminine, classiqueb mauviette / l’assiette masculine, classiquea joncs / songeons féminine, classiqueb tarie / Marie masculine, classiquea maman / gentleman féminine, classiqueb fleurie / Marie masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 2.3· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

83 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de circonstance, ÉDITIONS DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1920· Sources