Vers de circonstance, 1881‑1898
Offrandes a divers du faune
Le Faune rêverait hymen et chaste anneauSans les nymphes du bois s’il s’avisait d’entendreAu salon recueilli quand le grand pianoTout comme votre esprit passe du grave au tendre.
Laid Faune ! comme passe aux bocages un trainQui siffle ce que bas le chalumeau soupireVas-tu par trop de flamme empêcher ce quatrainMaladroit à la taireou, s’il la disait, pire.
Ce Faune, s’il vous eût assiseDans un bosquet, n’en serait pasA gonfler sa flûte indéciseDu trouble épars de ses vieux pas.
Faune, qui dans une éclaircieVas te glisser tout en dormantAvec quatre vers remercieDujardin ton frère normand.
Faune, si tu prends un costumeSimple comme les liseronsDujardin et moi non posthumeNous te populariserons.
Victor il me plaît quand j’ouïsTes vers qu’avec éclat renaisseSous des bosquets évanouisLe chalumeau de ma jeunesse.
Fallait-il que tu t’assoupisses,Faune qu’aujourd’hui l’on connaît,Pour attendre ces temps propicesAvant d’aller chez Baronet ?
Dupray dont l’esprit aux combatsComme l’or d’un clairon se dresseRiez que le Faune très basEnfle sa flûte à votre adresse.
Satyre aux baisers inexpertsQui pourchasses outre la bruneLa fauve Nymphe, tu les perdsIl n’est d’extase qu’avec une.
Sa flûte un peu de côtéIl en joue et se reculeL’espoir de connaître ôtéA qui va cet opuscule.
Si peu d’écume sur un golfeC’est cela ce rire venuHors de quelque flûte, ô RodolpheDarzens, dans mon silence nu.
Pantronc qui s’achève en hommeMoins gravement embrassaitLes pipeauxque je ne nommeLa comtesse de Grasset.
Hirsch, poëte, si vous n’aviezPour y délivrer la minuteIdéale tous les claviersLe faune écouterait sa flûte.
Fauneavec ton chant s’il brusquaLe cours de l’heure qui s’éloigneRetiens près du Bois de BoulogneLa princesse Poniatowska.
Sylvain d’haleine premièreSi ta flûte a réussiOuïs toute la lumièreQu’y soufflera Debussy.
1876.
1876.
1895.
1895.
Versification
- Forme
- Sonnet élisabéthain (sonnet)
- Rimes
- abab cdcd efef gg
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a anneau / piano féminine, classiqueb d’entendre / tendre masculine, classiquea train / quatrain féminine, classiqueb soupire / taire / pire masculine, classiquea assise / indécise féminine, classiqueb pas masculine, classiquea éclaircie / dormant féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
64 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Vers de circonstance, ÉDITIONS DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, 1920· Sources