Fleurs de toutes saisons, 1876
Mars
A ma mère
« Tu souffres de l'oubli‖ de cette femme, enfant !Je vois tes yeux cernés ;‖ la fièvre décoloreTa lèvre, et dans la nuit‖ tu prononces encoreEn délire, ce nom‖ de ton cœur triomphant.
« Ta poitrine que gonfle‖ un sanglot étouffantSe brise. Voici Mars‖ que le beau soleil dore,Voici les fleurs, le soir‖ si doux, voici l'aurore ;Si tu n'es consolé‖ déjà, qui te défend
« De venir confier‖ cette douleur amèreA ta meilleure amie,‖ à celle qui sur terreJusqu'à la mort fidèle‖ au Ciel prîra pour toi ? »
— Elle me prit le front‖ dans ses mains, toute fière.Je la serrai longtemps‖ en pleurant contre moi.Rien ne vaut le baiser‖ de tes lèvres, ma mère !
Versification
- Forme
- Sonnet classique (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd cdc
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a enfant / triomphant masculine, classiqueb décolore / encore féminine, classiquea étouffant / défend masculine, classiqueb dore / l'aurore féminine, classiquea amère / terre féminine, classiqueb toi / moi masculine, classiquea fière / mère féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fleurs de toutes saisons,sonnets, Marseille, MARIUS PINET, ÉDITEUR, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources