Fleurs de toutes saisons, 1876
Octobre
A James Escorbia
Oui, nous sommes ainsi ;‖ nous voulons tout savoir,Le Doute ronge l'âme‖ inquiète en l'attente ;La certitude amère‖ irrite, elle nous tente ;Quand nous l'avons enfin,‖ ô fatal désespoir !
Or, depuis quelque temps‖ elle venait le soirPlus tard au rendez-vous,‖ et comme impatienteDe fuir ; puis il fait froid,‖ puis il pleut, puis il vente ;Elle a peur maintenant‖ lorsque le ciel est noir.
J'ai voulu l'épier.‖ C'était la fin d'octobreEt le soleil versait‖ un jour discret et sobreSur le bois vert encor,‖ témoin de mon bonheur,
Mais ce jour-là, je vis‖ ma maîtresse parjure ;Et soudain tout mon sang‖ reflua vers le cœur.Il vaut bien mieux douter‖ que savoir, je le jure !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a savoir / désespoir masculine, classiqueb l'attente / tente féminine, classiquea soir / noir masculine, classiqueb impatiente / vente féminine, classiquea d'octobre / sobre féminine, classiqueb bonheur / cœur masculine, classiquea parjure / jure féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Fleurs de toutes saisons,sonnets, Marseille, MARIUS PINET, ÉDITEUR, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources