L’idole, 1869
Le sonnet des yeux
Le soleil des beaux yeux‖ ne brûle que l’été.Plus tard il s’affaiblit ;‖ plus tôt, il faut attendre :C’est un rayon d’avril,‖ pâle encor et trop tendre,N’échauffant que la grâce‖ au lieu de la beauté.
Au solstice de l’âge‖ un instant arrêté,C’est un feu qui ferait‖ revivre un cœur en cendreUne flamme dorant,‖ avant que de descendre,L’épanouissement‖ de la maturité.
Pourtant, un jour plus doux‖ tremble dans l’aube blanche ;On dirait que du sein‖ de l’ombre qui l’épanche,Mystérieux, il garde‖ encore de la nuit.
Le ciel profond n’a pas‖ dépouillé tous ses voiles ;Parmi l’azur il semble‖ oublier des étoiles,Et dans les yeux de vierge‖ une aube monte et luit.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a l’été / beauté masculine, classiqueb attendre / tendre féminine, classiquea arrêté / maturité masculine, classiqueb cendre / descendre féminine, classiquea blanche / l’épanche féminine, classiqueb nuit / luit masculine, classiquea voiles / étoiles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après L’Idole, Alphonse Lemerre, éditeur, 1869· numérisation wikisource.org· Sources