Les souvenirs, 1872· Hors des murs
La nuit
Tiède du souvenir‖ des occidents vermeils,La nuit sur les coteaux‖ palpite immense et bonne.Elle est comme la mer‖ un vent d’aile y frissonne ;Leur couleur est semblable‖ et leurs bruits sont pareils.
Le sein large et profond‖ qui porte les soleils,Où le flot incessant‖ des univers rayonne,Est indulgent et n’a‖ d’embûches pour personne,Et, mérités ou non,‖ berce tous les sommeils.
Pourtant, Nuit, je te sais‖ peu sûre et décevante ;Ta vague illusion‖ de spectre m’épouvante :Si les matins allaient‖ oublier le retour !
Certitude, ô raison,‖ aurore coutumière !Je sens que ma pensée‖ est faite de lumière ;Même les yeux fermés,‖ j’ai le souci du jour.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a vermeils / pareils masculine, classiqueb bonne / frissonne féminine, classiquea soleils / sommeils masculine, classiqueb rayonne / personne féminine, classiquea décevante / m’épouvante féminine, classiqueb retour / jour masculine, classiquea coutumière / lumière féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les souvenirs, Alphonse Lemerre, éditeur, 1872· numérisation wikisource.org· Sources