Les souvenirs, 1872· Hors des murs
La ville
Nos coteaux, les plus purs‖ de tous et les plus doux,Que, n’eût été la Grèce,‖ auraient choisis les faunes,Au bas de leurs sentiers‖ poudrés de sables jaunesOnt comme une hydre énorme‖ éparse à leurs genoux.
La Ville nous fascine,‖ étant moins près de nous,Avec ses tours aussi‖ royales que des trônes ;Horizontale, bleue‖ et blanche entre les cônesDes hauts taillis bordés‖ d’épines et de houx.
D’ici l’on ne voit rien‖ que les langueurs farouchesDu monstre aux mille bras‖ puissants, aux mille bouches,Dont le grand soleil d’août‖ ensanglante les yeux.
Elle est plus dangereuse‖ ainsi ; mais, pour nous prendre,Il faudrait que le ciel‖ fût moins silencieux ;Il faudrait que le bois‖ ne sût pas nous défendre.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a doux / genoux masculine, classiqueb faunes / jaunes féminine, classiquea nous / houx masculine, classiqueb trônes / cônes féminine, classiquea farouches / bouches féminine, classiqueb yeux / silencieux masculine, classiquea prendre / défendre féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les souvenirs, Alphonse Lemerre, éditeur, 1872· numérisation wikisource.org· Sources