Les souvenirs, 1872· La mer de Bretagne
Les sardinières
Quand le travail s’arrête‖ et quand finit le jour,L’obscur logis s’éclaire‖ et la vitre étincelle.Vers l’âtre où le souci‖ des mères les appelleElles pressent le pas‖ et hâtent le retour.
Le court fichu de laine‖ alourdit le contourDu sein, et l’on voit mal‖ laquelle est la plus belle ;Mais l’égale blancheur‖ des coiffes sans dentelleLeur donne un air claustral‖ irritant pour l’amour.
Leurs yeux clairs comme l’eau‖ des vagues vous regardent.Les petites à vous‖ sourire se hasardentEt courent en mordant‖ de gros morceaux de pain :
Et, se tenant la main‖ comme un cortège antique,Les grandes font, au choc‖ d’un pas lourd et rustique,Claquer sur le pavé‖ leurs sabots de sapin.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a jour / retour masculine, classiqueb étincelle / appelle féminine, classiquea contour / l’amour masculine, classiqueb belle / dentelle féminine, classiquea regardent / hasardent féminine, classiqueb pain / sapin masculine, classiquea antique / rustique féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les souvenirs, Alphonse Lemerre, éditeur, 1872· numérisation wikisource.org· Sources