Les souvenirs, 1872· Suite d’esquisses
Sur une composition DE FRANÇOIS MILLET
C’est la terre sans fleurs‖ de pourpre et sans décor,Le champ dur qui nourrit‖ les bras et leur résiste.Septembre dans le ciel‖ a mis sa pâleur triste,Et le soir au couchant‖ se lit en un trait d’or.
L’heure qui vient n’a pas‖ de fantômes encor,Mais des solennités‖ où le contour persiste.Le tableau se déroule‖ ample, sans jeu d’artiste :On dirait un poëme‖ ancien d’un grand essor.
Deux jeunes filles font‖ vivre le paysage,L’une grave et debout,‖ l’autre dont le visageEst comme un fruit d’été‖ substantiel et clair.
Leur front ne pense pas,‖ leurs yeux rêvent à peine :Mais, subissant le rhythme‖ austère de la plaine,Elles suivent un vol‖ de cigognes dans l’air.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 1 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd eed
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a décor / d’or masculine, classiqueb résiste / triste féminine, classiquea encor / essor masculine, classiqueb persiste / d’artiste féminine, classiquea paysage / visage féminine, classiqueb clair / l’air masculine, classiquea peine / plaine féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les souvenirs, Alphonse Lemerre, éditeur, 1872· numérisation wikisource.org· Sources