Petits Poèmes d’Automne, 1895· Amour d’automne
IX. « Une nuit, sous ta terrible lune »
Une nuit, sous‖ ta terrible luneQui saignait parmi‖ les brumes roses,Tu parlais, ô‖ sœur, de tristes chosesComme une enfant‖ prise de rancune.
Au loin les appels‖ des mauvais hommesNous montaient des‖ vergers de la plaineOù les arbres tordus par ta haineTendaient, fruits du mal‖ amour, leurs pommes.
Tu n’entendis‖ pas le bruit des rouesRapportant vers‖ les petits villagesLa récolte des moissonneurs sagesQui peinent le temps‖ où tu te joues.
Tu cueillais les‖ pavots de la routePour en festonner,‖ plein tes mains molles,Notre maison‖ où l'on voit les follesMendier, sœurs‖ du deuil et du doute.
Comme devant‖ une étrange aubergeTu fis, vocatrice‖ de désastres,Le signe qui‖ flétrit les bons astresDans le jardin‖ d’azur de la Vierge.
Puis effeuillant‖ au seuil de la porteLes fleurs de l’ombre‖ l’une après l’une,Tu chantas quelque‖ chose à la Lune,Quelque chose dont‖ mon âme est morte.
Versification
- Forme
- 6 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 6(abba)
- Mètre
- Ennéasyllabes· profil 4÷5
- Strophes
- 6 quatrains
- Mots à la rime
- a lune / rancune féminine, classiqueb roses / choses féminine, classiquea hommes / pommes féminine, classiqueb plaine / haine féminine, classiquea roues / joues féminine, classiqueb villages / sages féminine, classiquea route / doute féminine, classiqueb molles / folles féminine, classiquea auberge / Vierge féminine, classiqueb désastres / astres féminine, classiquea porte / morte féminine, classiqueb l’une / Lune féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
24 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Petits Poèmes d’Automne, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1895· numérisation Project Gutenberg· Sources