Œuvres posthumes, 1900‑1910· Avant la commune
Niobé
Un spectre au cœur saignant‖ comme frappé d’un glaive,Drapé dans un linceul‖ et les cheveux épars,Les yeux noyés de pleurs,‖ dans les bois, sur la grève,Errant avec la nuit…‖ jamais sinistre rêveN’eut telle vision‖ dans ses pâles brouillards.
Jamais non plus le songe,‖ en ses splendeurs divines,L’œil ébloui du mage,‖ aux soleils flamboyants,Ne virent, aux grands jours‖ des fêtes sibyllines,Déesse plus auguste,‖ au sommet des collines,Fouler les verts gazons‖ sous ses pieds triomphants.
Laissez passer cette ombre‖ au fond des vastes plaines ;Au fond des bois profonds‖ elle fuit les vivants ;Tout le sang de son cœur,‖ tout le sang de ses veinesA coulé sur la terre‖ où rugissent les haines.Place ! c’est Niobé‖ qui pleure ses enfants.
Paris, 1867.
Versification
- Forme
- 3 quintils (quintils)
- Rimes
- 3(abaab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 3 quintils
- Mots à la rime
- a glaive / grève / rêve féminine, classiqueb épars / brouillards masculine, classiquea divines / sibyllines / collines féminine, classiqueb flamboyants / triomphants masculine, classiquea plaines / veines / haines féminine, classiqueb vivants / enfants masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
15 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres posthumes, Alfortville, Librairie internationaliste, 1900-1910· numérisation Bibliothèque numérique romande· Sources