Œuvres, 1890· Poésie
À Celle Qui Aima Le Cloître
Tu parlais du jardin‖ où les roses claustralesPour les bouquets d’autel‖ fleurissaient doucement,Des nonnes dans l’enclos‖ lumineux et dormantCueillant des fruits au son‖ des cloches vespérales ;
Et moi je te voyais‖ en un calme couventT’asseoir, rigide et blanche,‖ aux stalles des chapellesEt lever vers le ciel‖ tes mains froides et bellesEt fermer ta fenêtre‖ au printemps décevant.
Je te vois puérile‖ et chaste, et je devineA ton sourire tes‖ extases d’autrefois.Les cantiques anciens‖ résonnent dans ta voix,Tu gardes dans tes yeux‖ un peu d’ombre divine.
N’est-ce pas que là-bas,‖ en de mystiques soirs,Comme moi tu songeas‖ à des choses célestes ?Pour toujours maintenant,‖ ô sombre sœur, tu restesCelle qui mit des lys‖ aux arcs des reposoirs.
Et peut-être souvent‖ ta tête appesantieS’endort sur mon épaule‖ en regrettant le ciel,Et mes lèvres d’amant‖ n’ont pas assez de mielPour vaincre la saveur‖ de la première hostie.
Tous les deux, nous avons‖ trop longtemps contempléLes nuages en fuite‖ et les roses du cloître,Notre puissant amour‖ pourra durer et croître,Notre cœur restera‖ divinement troublé.
Peut-être expions-nous‖ l’ivresse merveilleuseD’avoir rêvé jadis‖ à des pays meilleurs ?Nous sommes les amants‖ tristes parmi les fleursEt même le bonheur‖ ne te fait pas joyeuse.
Décembre 1889
Versification
- Forme
- 7 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 7(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 7 quatrains
- Mots à la rime
- a claustrales / vespérales féminine, classiqueb doucement / dormant masculine, classiquea couvent / décevant masculine, classiqueb chapelles / belles féminine, classiquea devine / divine féminine, classiqueb d’autrefois / voix masculine, classiquea soirs / reposoirs masculine, classiqueb célestes / restes féminine, classiquea appesantie / hostie féminine, classiqueb ciel / miel masculine, classiquea contemplé / troublé masculine, classiqueb cloître / croître féminine, classiquea merveilleuse / joyeuse féminine, classiqueb meilleurs / fleurs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres, Paris, édition Lemerre, 1890· numérisation poesies.net· Sources