Poésies, 1801‑1815· Chants élégiaques
La gazelle
Du beau chasseur‖ amante désolée,Zora plaintive‖ aux rivages persansErrait un soir,‖ et ses tristes accentsRetentissaient‖ du mont à la vallée.Sous les rameaux‖ d'un cèdre verdoyant,Elle aperçoit‖ la Gazelle tremblanteQui se débat‖ sur la terre sanglante,Et lève encor‖ ses yeux vers l'orient.
Zora soupire :‖ « Hélas ! hélas ! dit-elle,Toutes les deux‖ aurions-nous même sort ?Du beau chasseur‖ le trait donne la mort,Et comme moi‖ tu meurs, blanche Gazelle !Un jour, timide‖ et le front suppliant,Il vint, et dit :‖ « Zora, ma bien-aimée,» Tes yeux sont doux ;‖ ton haleine embaumée» A la fraîcheur‖ des brises d'Orient. »
« Je l'écoutai :‖ mon âme tout entièreS'abandonnait‖ à ses trompeurs accents.Je le suivis‖ sous l'arbre de l'encens,Et je sentis‖ se fermer ma paupière.Le lendemain,‖ le cruel m'oubliantPortait ailleurs‖ ses promesses volages ;Le jour d'après‖ il déserta nos plages,Et pour l'Europe‖ il quitta l'Orient.
» J'adoucirai‖ le mal qui te dévore,Jeune Gazelle !‖ Aux plaines d'IspahanLes végétaux,‖ richesse du Persan,Pour te guérir‖ s'empresseront d'éclore.Viens avec moi‖ dans le vallon riant,Viens avec moi,‖ tu seras ma compagne ;Et, chaque jour,‖ pour toi sur la montagneJ'irai cueillir‖ le baume d'Orient.
» Quand toutefois‖ l'inflexible ArimaneAura marqué‖ le dernier de mes jours,En racontant‖ mes funestes amours,On me plaindra‖ dans la tribu persane.Sous les rameaux‖ d'un cèdre verdoyantJ'irai mourir ;‖ et toi, blanche Gazelle,Tu dormiras‖ jusqu'à l'aube nouvelleSur mon tombeau‖ placé vers l'Orient. »
« Je l'écoutai :‖ mon âme tout entièreS'abandonnait‖ à ses trompeurs accents.Je le suivis‖ sous l'arbre de l'encens,Et je sentis‖ se fermer ma paupière.Le lendemain,‖ le cruel m'oubliantPortait ailleurs‖ ses promesses volages ;Le jour d'après‖ il déserta nos plages,Et pour l'Europe‖ il quitta l'Orient.
» J'adoucirai‖ le mal qui te dévore,Jeune Gazelle !‖ Aux plaines d'IspahanLes végétaux,‖ richesse du Persan,Pour te guérir‖ s'empresseront d'éclore.Viens avec moi‖ dans le vallon riant,Viens avec moi,‖ tu seras ma compagne ;Et, chaque jour,‖ pour toi sur la montagneJ'irai cueillir‖ le baume d'Orient.
» Quand toutefois‖ l'inflexible ArimaneAura marqué‖ le dernier de mes jours,En racontant‖ mes funestes amours,On me plaindra‖ dans la tribu persane.Sous les rameaux‖ d'un cèdre verdoyantJ'irai mourir ;‖ et toi, blanche Gazelle, .Tu dormiras‖ jusqu'à l'aube nouvelleSur mon tombeau‖ placé vers l'Orient. »
Versification
- Forme
- 8 huitains (huitains)
- Rimes
- 8(abbacddc)
- Mètre
- Décasyllabes· profil 4+6
- Strophes
- 8 huitains
- Mots à la rime
- a désolée / vallée féminine, classiqueb persans / accents masculine, classiquec verdoyant / l'orient masculine, classiqued tremblante / sanglante féminine, classiquea dit-elle / Gazelle féminine, classiqueb sort / mort masculine, classiquec suppliant / d'Orient masculine, classiqued bien-aimée / embaumée féminine, classiquea entière / paupière féminine, classiqueb accents / l'encens masculine, classiquec m'oubliant / l'Orient masculine, classiqued volages / plages féminine, classiquea dévore / d'éclore féminine, classiqueb d'Ispahan / Persan masculine, classiquec riant / d'Orient masculine, classiqued compagne / montagne féminine, classiquea Arimane / persane féminine, classiqueb jours / amours masculine, classiquec verdoyant / l'Orient masculine, classiqued Gazelle / nouvelle féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
64 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies de, PARIS, CHARPENTIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1865· numérisation Bibliothèque numérique de Lyon· Sources