Les hortensias bleus, 1896· IV Chambre obscure· Ténèbres
CLVIII. Iule
Les deux Goncourt.GAUTIER.
Un hommage incessant‖ monte comme une bulleVers le nom de Celui‖ qui mourut pour le Beau.Les femmes ont des pleurs,‖ dans les plis de leur tulle,Qu'elles laissent tomber‖ sur le seuil du tombeau.
Ce Jules de Goncourt‖ que tant chérit son frère,Comme nous, a souffert‖ du Divin dans l'Humain ;Et, faute que le dieu,‖ de l'homme, pût s'extraire.Il remit ses pouvoirs‖ en fraternelle main.
Gautier en parle bien‖ dans son discours insigne ;Cette Oraison Funèbre,‖ il la fait comme il sied.On y voit sur la fin‖ s'enfuir comme un grand cygnePlein d'horreur pour le sol‖ où son aile a pris pied.
Gautier sait aujourd'hui‖ le vrai sens de ces chosesQue déjà démêlait‖ son incarnation ;Et Jules, près de lui,‖ nous dicte quelques rosesPour en aller fleurir‖ leur morte station.
Jamais ne s'éteindront‖ les palpitantes flammesQui nous unissent à‖ ces noms qu'il faut bénir ;Les hommes ont des fleurs,‖ dans les plis de leurs âmesQu'ils laissent s'effeuiller‖ au seuil du souvenir !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a bulle / tulle féminine, classiqueb Beau / tombeau masculine, classiquea frère / s'extraire féminine, classiqueb l'Humain / main masculine, classiquea insigne / cygne féminine, classiqueb sied / pied masculine, classiquea choses / roses féminine, classiqueb incarnation / station masculine, classiquea flammes / âmes féminine, classiqueb bénir / souvenir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Paris, Bibliothèque nationale de France, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources