Les hortensias bleus, 1896· I Introït
XII. Portenta
à Émile GALLE.
Dès qu’il voit ta lueur mystérieuse et pâle,
Le vulgaire enrayé commence à blasphémer.ALFRED DE VIGNY.
Les hortensias bleusSont les rois fabuleuxDu royaume de Flore :Quand ils sont près d'écloreLeurs colymbes frileux,Hortus est nébuleuxPrès de Pan qui s'éplore.
Enfin ils sont venus,Et les voilà tout nusDans leur nudité bleue ;On les voit d'une lieue,Ces pâles inconnusQue la lune a tenusDans ses robes à queue.
Ce sont des faux semblants,Qui pourraient être blancs,Et devraient être roses ;Ils chuchotent des chosesQui nous laissent tremblants,Sous les aveux troublantsDe leurs métempsychoses.
N'étant point parfumésIls ne sont pas aimés ;Ils étonnent le merle.Le rare en eux déferle ;Beaucoup sont alarmésEt quelques-uns charmésPar leur voix gris de perle.
Versification
- Forme
- 4 septains (septains)
- Rimes
- 4(aabbccb)
- Mètre
- Hexasyllabes
- Strophes
- 4 septains
- Mots à la rime
- a bleus / fabuleux masculine, classiqueb Flore / d'éclore / s'éplore féminine, classiquec frileux / nébuleux masculine, classiquea venus / nus masculine, classiqueb bleue / lieue / queue féminine, classiquec inconnus / tenus masculine, classiquea semblants / blancs masculine, classiqueb roses / choses / métempsychoses féminine, classiquec tremblants / troublants masculine, classiquea parfumés / aimés masculine, classiqueb merle / déferle / perle féminine, classiquec alarmés / charmés masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
28 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres poétiques, Paris, Bibliothèque nationale de France, 1906· numérisation gallica.bnf.fr· Sources