Le pèlerin passionné, 1891· Allégories pastorales
Églogue a elle encore
J'eusse pu me nourrir de mielNouveau, pendant des mois,‖ et bien que l'on prétendeQue sa saveur trouble les sens,Je n'eusse été, certes,‖ tant dépourvu de sagesseQue pour avoir, de ma lèvre, ah si peu iEffleuré ta‖ bouche, semblable au feu.
Bouche plus‖ suave que le mielAu creux des ruches amassé,Bouche plus vive que‖ les hauts pavotsParmi la prée.Accole, ô sa bouche, rebaise‖ la bouche mienne,Que tout forcené je devienne.
Ainsi, Amour‖ dernière à mon cœur née,Par bois touffus‖ et sente étronçonnéeJ'irai, mené‖ de mes fureurs errantes,Jusques au val‖ où les eaux sont courantes,Et là, d'un saut,‖ tôt me sera ravieCette langueur‖ de vous, avec la vie .
Alors, peut-être, un dieu‖ Sylvain me changeraEn arbre dru,‖ dont la verdure forte,Belle, t'abritera,.Lorsque l'Auster moiteux‖ les grêles nous apporte.
Alors, la Gyprine, peut-être,De mon corps défunt fera naîtreQuelque haie aux jets éclatants.Et sur le retour du printempsJe saurais encor te complaireFleur en ta tête claire.
Peut-être, aussi, serai‖-je mué,Par celui qui son‖ front pare d'une corne lisse,En roseau‖ doucement remué :
Versification
- Mètre
- Vers de 8, 10 et 9 syllabes (9 de 8, 9 de 10, 4 de 9, 3 de 12, 3 de 13, 2 de 6, 1 de 4, 1 de 11)· profil 6, 8, 3=6, 4=6, 11i, 6+6, 5÷8
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
32 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après LE Pèlerin Passionné, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1891· numérisation archive.org· Sources