Le pèlerin passionné, 1891· Jonchée
Élégie deuxième
Plus durement que trait turquois,Amour, plaisant doux archer, blesseRustiques garçons et grands rois.
Par telle langueur et faiblesse,Dieu oublia et diffame eutDavid qui haïssait mollesse.
Semblablement l'autre, qui futSalomon, si très sage augure,De grand renom piteux déchut.
Bouche feinte et feinte figure,Yeux bénins aux gracieux lacs ?Honte cèlent et mal'mort dure
Agamemnon n'en eut soûlas,Aussi, la forcenée HélèneLe fit voir au duc Ménélas.
Achille servit Polyxène ;Chez la lydienne HerculusFila quenouillette aime-laine.
De Stratonice, SéleucusSouffrit empire et vasselage,De Chryséïde, Troïlus.
Au gré d'un coloré visage,N'écouta les buccins retorsAntoine, preux trop plus que sage.
Et tout docte, en nonchaloir fors,De sa Faustine, Marc-Aurèle,Vit de cendre ses lauriers ords.
Ainsi, en la bailli' de celleDont les cheveux passent l'or fin,(Las ! qui m'est félonne et cruelle),
Je cuide le Permesse vain,Et mon souffle n'a véhémenceD'animer le roseau divin
Versification
- Mètre
- Octosyllabes
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
34 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après LE Pèlerin Passionné, Paris, LÉON VANIER, LIBRAIRE-ÉDITEUR, 1891· numérisation archive.org· Sources