Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Les Nuits d’hiver, 1861

Ma mie Annette

Henri Murger· 16 quatrains, octosyllabes, 64 vers

Réveillez-vous, ma mie Annette,Et mettez vos plus beaux habits ;C'est aujourd'hui grand jour de fête,Le jour de fête du pays.

La Jacqueline matinale,En branle dans le vieux clocher,Sonne la messe patronaleEt nous dit de nous dépêcher.

Allons, ma mie, allons plus vite,Monsieur le curé nous attend.Sans nous si la messe était dite,Le bon Dieu serait mécontent.

Réveillez-vous, ma mie Annette,Et mettez vos plus beaux habits ;C'est aujourd'hui grand jour de fête,Le jour de fête du pays.

Chaque maison est pavoiséeDe drapeaux flottants et de fleurs,Et l'on entend par la croiséeSortir de joyeuses clameurs :

Ce sont les anciens du villageQui devisent, autour d'un pot,Des vieux amours de leur jeune âgeEt de l'homme au petit chapeau.

Réveillez-vous, ma mie Annette,Et mettez vos plus beaux habits ;C'est aujourd'hui grand jour de fête,Le jour de fête du pays.

Après les vêpres et complies,Bras dessus dessous, nous ironsNous promener dans les prairiesEt dans les bois des environs ;

Nous reviendrons par la Venelle,Où neige la fleur des sureaux,Dont la sauvage odeur se mêleAvec l'odeur des foins nouveaux.

Réveillez-vous, ma mie Annette,Et mettez vos plus beaux habits ;C'est aujourd'hui grand jour de fête,Le jour de fête du pays.

Comme une outre enflant sa musette,Ce soir, le vieux ménétrierFera, pour terminer la fête,Danser sous le grand marronnier.

Et, laide ou belle, blonde ou brune,Qu'il soit laid ou beau, jeune ou vieux,Pour la faire danser chacuneSaura trouver un amoureux.

Réveillez-vous, ma mie Annette,Et mettez vos plus beaux habits ;C'est aujourd'hui grand jour de fête,Le jour de fête du pays.

Hélas ! Mon dieu, je me rappelleQue l'an dernier, à la moisson,Celle qu'en vain ma voix appelleChanta sa dernière chanson.

De sa maison quand je l'ai vuePour la dernière fois sortir,Elle était d'un drap blanc vêtueEt ne devait pas revenir ;

Car ma pauvre petite amie,Sur un froid et dur oreiller,Depuis longtemps est endormieEt ne peut pas se réveiller.

1849

Versification

Forme
16 quatrains (quatrains)
Rimes
16(abab)
Mètre
Octosyllabes
Strophes
16 quatrains
Mots à la rime
a Annette / fête féminine, classiqueb habits / pays masculine, classiquea matinale / patronale féminine, classiqueb clocher / dépêcher masculine, classiquea vite / dite féminine, classiqueb attend / mécontent masculine, classiquea pavoisée / croisée féminine, classiqueb fleurs / clameurs masculine, classiquea village / âge féminine, classiqueb pot / chapeau masculine, non classiquea complies / prairies féminine, classiqueb irons / environs masculine, classiquea Venelle / mêle féminine, classiqueb sureaux / nouveaux masculine, classiquea musette / fête féminine, classiqueb ménétrier / marronnier masculine, classiquea brune / chacune féminine, classiqueb vieux / amoureux masculine, classiquea rappelle / appelle féminine, classiqueb moisson / chanson masculine, classiquea vue / vêtue féminine, classiqueb sortir / revenir masculine, classiquea amie / endormie féminine, classiqueb oreiller / réveiller masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.2

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

64 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Nuits d’hiver, M. Levy,Paris, 1868· numérisation FRANTEXT· Sources