Poésies posthumes, 1857
A Madame Jaubert
Qu’un sot me calomnie,‖ il ne m’importe guère.Que sous le faux semblant‖ d’un intérêt vulgaire,Ceux mêmes dont hier‖ j’aurai serré la main,Me proclament ce soir‖ ivrogne et libertin,
Ils sont moins mes amis‖ que le verre de vinQui pendant un quart d’heure‖ étourdit ma misère.Mais vous qui connaissez‖ mon âme tout entière,A qui je n’ai jamais‖ rien tu, même un chagrin,
Est-ce à vous de me faire‖ une telle injustice,Et m’avez-vous si vite‖ à tel point oublié ?Ah ! ce qui n’est qu’un mal,‖ n’en faites pas un vice.
Dans ce verre où je cherche‖ à noyer mon supplice,Laissez plutôt tomber‖ quelques pleurs de pitiéQu’à d’anciens souvenirs‖ devrait votre amitié.
Versification
- Forme
- Distiques (strophes variées)
- Rimes
- 2[aa] 1[abba] 1[abaabb]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 distiques, 1 quatrain, 1 sizain
- Mots à la rime
- a guère / vulgaire féminine, classiqueb main / libertin masculine, classiquea vin / chagrin masculine, classiqueb misère / entière féminine, classiquea injustice / vice / supplice féminine, classiqueb oublié / pitié / amitié masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard,Paris, 1951· numérisation poesies.net· Sources