Poésies posthumes, 1857
Stances
SUR LE COSTUME POMPADOUR DE MISS SCHEPAERT AU BAL DES TUILERIES, EN 185.
Voltaire, ombre auguste et suprême,Roi des madrigaux à la crèmeDes vermillons et des paniersAssis au pied de ta statue,Je me disais : « Qu’est devenueCette perruque à trois lauriers ?
O Corisandres ! me disais-je,Mouches que, sur un sein de neige,L’abbé posait du bout du doigt !Bonnes marquises, nos aïeules,Qui, sans être par trop bégueules,Rendiez à Dieu ce qu’on lui doit ! !
Et vous, héros frappés du foudre,Hélas ! — Et deux règnes de poudre,En un demi-siècle effacés ! — »Quand, l’autre soir, dans une fête,Mon regard tout à coup s’arrêteSur un minois des temps passés ! !
Mais ce n’était point, ô Voltaire !Une mouche de douairièreQui ravive un œil défaillant ;C’était la plus discrète moucheQue puisse effleurer une bouchePlus rose que le lys n’est blanc !
Fine mouche, comme on peut croire,Qui, pour poser son aile noire,Entre les roses du jardin,Avait choisi, comme l’abeille,La plus fraîche et la plus vermeilleDe toutes celles du matin.
Reste donc, mouche bienheureuse.Si cette abeille voyageuse,Qui, volant jadis, nous dit-on,Entre les bosquets de la Grèce,Vint chatouiller la lèvre épaisseDu grand philosophe Platon,
Eût trouvé, dans l’ombre mi-close,Cette fleur aux feuilles de rose,Qu’eût-elle fait que s’arrêterSur cette perle d’Angleterre,Lèvres que le ciel n’a pu faireQue pour sourire ou pour chanter ?
Versification
- Forme
- 7 sizains (sizains)
- Rimes
- 7(aabccb)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 7 sizains
- Mots à la rime
- a suprême / crème féminine, classiqueb paniers / lauriers masculine, classiquec statue / devenue féminine, classiquea disais-je / neige féminine, classiqueb doigt / doit masculine, classiquec aïeules / bégueules féminine, classiquea foudre / poudre féminine, classiqueb effacés / passés masculine, classiquec fête / s’arrête féminine, classiquea Voltaire / douairière féminine, classiqueb défaillant / blanc masculine, classiquec mouche / bouche féminine, classiquea croire / noire féminine, classiqueb jardin / matin masculine, classiquec l’abeille / vermeille féminine, classiquea bienheureuse / voyageuse féminine, classiqueb dit-on / Platon masculine, classiquec Grèce / épaisse féminine, classiquea mi-close / rose féminine, classiqueb s’arrêter / chanter masculine, classiquec d’Angleterre / faire féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
42 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poésies complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard,Paris, 1951· numérisation poesies.net· Sources