Premières poésies, 1835
À mon ami Édouard B
Tu te frappais le front‖ en lisant Lamartine,Édouard, tu pâlissais‖ comme un joueur maudit ;Le frisson te prenait,‖ et la foudre divine,Tombant dans ta poitrine,T'épouvantait toi-même‖ en traversant ta nuit.
Ah ! frappe-toi le cœur,‖ c'est là qu'est le génie.C'est là qu'est la pitié,‖ la souffrance et l'amour ;C'est là qu'est le rocher‖ du désert de la vie,D'où les flots d'harmonie,Quand Moïse viendra,‖ jailliront quelque jour.
Peut-être à ton insu‖ déjà bouillonnent-elles,Ces laves du volcan,‖ dans les pleurs de tes yeux.Tu partiras bientôt‖ avec les hirondelles,Toi qui te sens des ailesLorsque tu vois passer‖ un oiseau dans les cieux.
Ah ! tu sauras alors‖ ce que vaut la paresse ;Sur les rameaux voisins‖ tu voudras revenir.Édouard, Édouard, ton front‖ est encor sans tristesse,Ton cœur plein de jeunesse…Ah ! ne les frappe pas,‖ ils n'auraient qu'à s'ouvrir !
1832.
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 4(abaab)
- Mètre
- Alexandrins et hexasyllabes (16 de 12, 4 de 6)· profil 6, 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a Lamartine / divine / poitrine féminine, classiqueb maudit / nuit masculine, classiquea génie / vie / d'harmonie féminine, classiqueb l'amour / jour masculine, classiquea bouillonnent-elles / hirondelles / ailes féminine, classiqueb yeux / cieux masculine, classiquea paresse / tristesse / jeunesse féminine, classiqueb revenir / s'ouvrir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Premières poésies, Paris, Texte établi par Maurice Allem, Paris, Garnier Frères, 1967, publié par les éditions Classiques Garnier, 1967· numérisation Enclitt· Sources