Les Vivants et les Morts, 1913· IV Les tombeaux
Puisque j’ai su par toi…
Puisque j'ai su par toi‖ que vraiment on mourait,Visage étroit et froid,‖ ô toi qui fus la vie,Je suivrai d'un regard‖ sans peur et sans envie,Ce qui commence ainsi‖ que ce qui disparaît.
C'est toi le premier front‖ que j'ai vu sombre et pâle,Après avoir connu‖ ton rire illuminé,Et tu m'as révélé‖ l'inanité finaleQu'on rejoint et qu'on fuit‖ depuis que l'on est né.
Quels que soient désormais‖ tous les deuils qui m'accablent,Ces fantômes nouveaux‖ n'enfonceront leurs pasQue dans tes pas légers‖ imprimés sur le sable,Et leur cruel départ‖ ne me surprendra pas.
Mais je meurs en songeant‖ à ces futurs trépas,Tout mon être est lié‖ à des souffles instables,C'est par vous, mes humains,‖ que je suis périssable !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[abba] 1[abab] 1[ababb] 1[aa]
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 2 quatrains, 1 quintil, 1 distique
- Mots à la rime
- a mourait / disparaît masculine, classiqueb vie / envie féminine, classiquea pâle / finale féminine, classiqueb illuminé / né masculine, classiquea m'accablent / sable féminine, non classiqueb pas / trépas masculine, classiqueb instables / périssable féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.5· écart moyen à la rime classique 1.2
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
15 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les vivants et les morts, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1913· numérisation inlibroveritas.net· Sources