Poèmes de l’Amour, 1924
CL. « Il y a quelque nonchalance »
Il y a quelque nonchalance,Peut-être quelque pauvretéDans ton amour plein de silence ;Je le sens cette nuit d’été.
L’espace étoilé qui nous liePar ses zéphyrs et son odeurRessemble plus à ma folieQu’à ta noble et simple pudeur.
Tu penses à toi en vivant,Tout ton être en toi persévère ;Moi par l’arome et par le ventJe rejoins les sublimes sphères.
L’infini qui respire et luitS’accorderait avec mon êtreSi le ciel pouvait me connaîtreEt si j’appartenais à lui !
Mais toi, sans même que tu sachesD’où me vient ma triste fureur,D’où vient que mon désir s’attacheÀ ta vive et sourde pâleur,
Tu vis tranquillement, contentDe sentir ton esprit à l’aiseParmi tous mes soins, et pourtantJe n'aime pas que tu me plaises !
Je n’aime pas ce dévouementQue suscite en moi quelque charmeDe ta voix, de tes mouvements,Toutes tes innocentes armes !
Depuis le jour où je t’aimaiMa fierté s’irrite et réclame,Je ne me pardonne jamaisCette reddition de l’âme !
Ah ! laisse-moi te fuir, afinDe te retrouver en moi-même,Selon ma soif, selon ma faim,Et suffisant pour que je t’aime !
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 8(abab) 1(abba)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a nonchalance / silence féminine, classiqueb pauvreté / d’été masculine, classiquea lie / folie féminine, classiqueb odeur / pudeur masculine, classiquea vivant / vent masculine, classiqueb persévère / sphères féminine, non classiquea luit / lui masculine, non classiqueb être / connaître féminine, classiquea saches / s’attache féminine, non classiqueb fureur / pâleur masculine, classiquea content / pourtant masculine, classiqueb l’aise / plaises féminine, non classiquea dévouement / mouvements masculine, non classiqueb charme / armes féminine, non classiquea t’aimai / jamais masculine, non classiqueb réclame / l’âme féminine, classiquea afin / faim masculine, classiqueb moi-même / t’aime féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.9· écart moyen à la rime classique 1.9
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources