Poèmes de l’Amour, 1924
CXXXIII. « J’ai, dès l’enfance, avec un œil audacieux »
J’ai, dès l’enfance, avec‖ un œil audacieux,Logé mon âme dans la nue ;Le sol brillant m’était‖ moins proche que les cieuxOù jubilait ma bienvenue.
Je croyais au vivace‖ et radieux retourDe ma tendresse dépensée :Confiance, désir,‖ bondissements, pensée,Vous heurtiez un distrait séjour !
Lentement, en souffrant,‖ je prenais l’habitudeQue désormais fût démêléCet univers secret‖ d’avec mon amplitude ;J’aimais mon royaume isolé.— Amour, pourquoi crois-tu‖ pouvoir me consolerDes obstacles que rien n’élude ?Toi dont l’ardeur, autant‖ que l’espace étoilé,Contribue à ma solitude !
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1(abab) 1(abba) 1(ababbcbc)
- Mètre
- Octosyllabes et alexandrins (8 de 8, 8 de 12)· profil 8, 6+6
- Strophes
- 2 quatrains, 1 huitain
- Mots à la rime
- a audacieux / cieux masculine, classiqueb nue / bienvenue féminine, classiquea retour / séjour masculine, classiqueb dépensée / pensée féminine, classiquea l’habitude / amplitude féminine, classiqueb démêlé / isolé masculine, classiquec consoler / étoilé masculine, non classiqued n’élude / solitude féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.5· écart moyen à la rime classique 0.6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources