Poèmes de l’Amour, 1924
CLVIII. « Parce que dès l’enfance et d’instinct tu fus triste »
Parce que dès l’enfance‖ et d’instinct tu fus triste,Dans la cité bruyante‖ ou sous les arbres verts,Et que tu fus surpris‖ qu’on souffre, et qu’on persisteÀ souffrir, brave et lâche,‖ en un morne univers ;
Parce que la gaîté‖ ne fut sur ta personneQue le manteau lustré‖ d’un fuyant carnaval,Et qu’un sonore ennui‖ en ton âme résonne,Ton cœur hostile et pur‖ est de mon cœur l’égal.
Mais malgré cette étrange‖ et noble ressemblance,Nous nous sentons divers,‖ lointains, dépossédés.À quoi m’a donc servi‖ ma suave puissance ?J’ai disposé du monde‖ et je ne puis t’aider !
— Que faire si vraiment‖ le destin se refuse,(Tandis que ta langueur‖ recherche un calme oubli)À t’imposer, plus tendre‖ et reposant qu’un lit,Mon cœur qui s’affermit‖ en même temps qu’il s’use…
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 3(abab) 1(abba)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a triste / persiste féminine, classiqueb verts / univers masculine, classiquea personne / résonne féminine, classiqueb carnaval / l’égal masculine, classiquea ressemblance / puissance féminine, classiqueb dépossédés / t’aider masculine, non classiquea refuse / s’use féminine, classiqueb oubli / lit masculine, non classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.5· écart moyen à la rime classique 1.2
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources