Poèmes de l’Amour, 1924
LXX. « Pareils à l’Océan qui dans sa force trouble »
Pareils à l’Océan‖ qui dans sa force troubleContient un orage inconnu,Tes yeux de sombre azur‖ sont pleins de lueurs doubles,Jamais ils ne me semblent nus.
Je ne connais pas bien‖ ces lieux de ma misèreEt de ma longue attention ;Ainsi que sur la lande‖ aux chardons aigus, j’erre,Me blessant aux déceptions.
— Hélas ! J’étais puissante,‖ attentive, précise,Mais où toucher ton cœur amer ?À présent je ressemble‖ à ces femmes assisesGuettant les barques sur la mer.
J’attends qu’une heure sonne‖ à quelque vague horloge,Que je ne sais où situer ;Je souffre dans mon cœur‖ indomptable où se logeL’espoir, que tu ne peux tuer !
— Et pourtant, cher esprit‖ où s’ébattent des ailes,J’aime mieux ne jamais‖ connaître les nouvellesQue renferme ton front têtu,J’appréhende le mot‖ par qui le cœur chancelle…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 4[abab] 1[aabab]
- Mètre
- Alexandrins et octosyllabes (11 de 12, 10 de 8)· profil 8, 6+6
- Mots à la rime
- a trouble / doubles féminine, non classiqueb inconnu / nus masculine, non classiquea misère / j’erre féminine, classiqueb attention / déceptions masculine, non classiquea précise / assises féminine, non classiqueb amer / mer masculine, classiquea horloge / loge féminine, classiqueb situer / tuer masculine, classiquea ailes / nouvelles / chancelle féminine, classiqueb têtu / tu masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 2.4· écart moyen à la rime classique 2.3
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
21 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources