Poèmes de l’Amour, 1924
CXVI. « Un jour où je ne pus comprendre »
Un jour où je ne pus comprendreTon esprit qui songeait au loin,Je me sentis soudain moins tendre,Et peut-être je t’aimais moins.
Je te voyais petit, l’espaceMe reconquérait peu à peu,Je regardais ces calmes cieuxOù jamais rien ne m’embarrasse.
Mais alors tu mis sur mon cœurTon beau visage sans réplique,Et je respirai ton odeurInconsciente et tyrannique ;
Sans plus d’alarme et de fierté,J’absorbais avec gravitéTon âme innocente et physique,Plus ample pour moi que le ciel ;
— Senteur suave, âpre, vermeille,Tiède aveu confidentielD’un corps qui songe ou qui sommeille,C’est toi la grâce nonpareille !
— Ainsi sourd le parfum du mielDe l’humble maison des abeilles…
Versification
- Forme
- Strophes variées
- Rimes
- 1[abab] 1[abba] 1[ababccb] 1[ababcac]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a comprendre / tendre féminine, classiqueb loin / moins masculine, non classiquea l’espace / m’embarrasse féminine, classiqueb peu / cieux masculine, non classiquea cœur / odeur masculine, classiqueb réplique / tyrannique / physique féminine, classiquea fierté / gravité masculine, classiquec ciel / confidentiel / miel masculine, classiquea vermeille / sommeille féminine, classiquec nonpareille / abeilles féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 1.2
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
22 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes de l’Amour, Paris, ARTHÈME FAYARD et Cie, ÉDITEURS, 1924· numérisation wikisource.org· Sources