Valentines, 1922
L’âme
Comme un exilé du vieux thème,J’ai descendu ton escalier ;Mais ce qu’a lié l’Amour même,Le temps ne peut le délier.
Chaque soir quand ton corps se coucheDans ton lit qui n’est plus à moi,Tes lèvres sont loin de ma bouche ;Cependant, je dors près de Toi.
Quand je sors de la vie humaine,J’ai l’air d’être en réalitéUn monsieur seul qui se promène ;Pourtant je marche à ton côté.
Ma vie à la tienne est tresséeComme on tresse des fils soyeux,Et je pense avec ta pensée,Et je regarde avec tes yeux.
Quand je dis ou fais quelque chose,Je te consulte, tout le temps ;Car je sais, du moins, je suppose,Que tu me vois, que tu m’entends.
Moi-même je vois tes yeux vastes,J’entends ta lèvre au rire fin.Et c’est parfois dans mes nuits chastesDes conversations sans fin.
C’est une illusion sans doute,Tout cela n’a jamais été ;C’est cependant, Mignonne, écoute,C’est cependant la vérité.
Du temps où nous étions ensemble,N’ayant rien à nous refuser,Docile à mon désir qui tremble,Ne m’as-tu pas, dans un baiser,
Ne m’as-tu pas donné ton âme ?Or le baiser s’est envolé,Mais l’âme est toujours là, Madame ;Soyez certaine que je l’ai.
Versification
- Forme
- 9 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 9(abab)
- Mètre
- Octosyllabes
- Strophes
- 9 quatrains
- Mots à la rime
- a thème / même féminine, classiqueb escalier / délier masculine, classiquea couche / bouche féminine, classiqueb moi / Toi masculine, classiquea humaine / promène féminine, classiqueb réalité / côté masculine, classiquea tressée / pensée féminine, classiqueb soyeux / yeux masculine, classiquea chose / suppose féminine, classiqueb temps / m’entends masculine, classiquea vastes / chastes féminine, classiqueb fin masculine, classiquea doute / écoute féminine, classiqueb été / vérité masculine, classiquea ensemble / tremble féminine, classiqueb refuser / baiser masculine, classiquea âme / Madame féminine, classiqueb envolé / l’ai masculine, équivalente
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Valentines et autres Vers, Paris, Albert Messein, Éditeur, 1922· numérisation poesies.net· Sources