Œuvres complètes, 1775‑1806· Les déguisemens de vénus
TABLEAU IX. « D'Érigone c'était la fête »
D'Érigone c'était la fête.Des bacchantes sur les coteauxCouraient sans ordre et sans repos.La plus jeune pourtant s'arrête.Nomme Myrtis, et fuit soudainSous l'ombrage du bois voisin.Le lierre couronne sa tête ;Ses cheveux flottent au hasard ;Le voile qui la couvre à peine,Et que des vents enfle l'haleine,Sur son corps est jeté sans art ;Le pampre forme sa ceinture,Et de ses bras fait la parure ;Sa main tient un thyrse léger.Sa bouche riante et vermeillePrésente à celle du bergerLe fruit coloré de la treille.Son abandon, sa nudité,Ses yeux lascifs et son sourire.Promettent l'amoureux délireEt l'excès de la volupté.Au loin ses bruyantes compagnesDe cymbales et de claironsFatiguent l'écho des montagnes,Mêlant à leurs libres chansonsLa danse qui peint avec grâceL'embarras naissant du désir,Et celle ensuite qui retraceTous les mouvemens du plaisir.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 1[abbacca] 2[abba] 1[aa] 3[abab]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a fête / s'arrête / tête féminine, classiqueb coteaux / repos masculine, classiquec soudain / voisin masculine, classiqued hasard / art masculine, classiquee peine / l'haleine féminine, classiquef ceinture / parure féminine, classiqueg léger / berger masculine, classiqueh vermeille / treille féminine, classiquei nudité / volupté masculine, classiquej sourire / délire féminine, classiquek compagnes / montagnes féminine, classiquel clairons / chansons masculine, classiquem grâce / retrace féminine, classiquen désir / plaisir masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.4· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
29 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Parny, tome I, Paris, CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS, 1831· numérisation gallica.bnf.fr· Sources