Œuvres complètes, 1775‑1806· Les déguisemens de vénus
TABLEAU IV. « Dans sa cabane solitaire »
Dans sa cabane solitaireMyrtis attendait le sommeil.Arrive une jeune étrangère.Le teint de Flore est moins vermeil.Du voile éclatant des princessesSa beauté s'embellit encor ;Sur sa tête le réseau d'orDe ses cheveux fixe les tresses ;L'or entoure son cou de lis,Et serre ses bras arrondis ;La pourpre forme sa ceinture ;Et sur le cothurne brillant,De ses pieds utile parure,Sa tunique à longs plis descend.Myrtis en silence l'admire.« Je fuis un tyran détesté,Lui dit-elle avec un sourire ;Donne-moi l'hospitalité. —Embellissez mon toit modeste.Des joncs tressés forment mon lit ;Il est pour vous.— Où vas-tu ? Reste ;Du lit la moitié me suffit. »Sur cet humble et nouveau théâtreElle s'assied ; un long soupirDe son sein soulève l'albâtre :C'était le signal du plaisir.Sur la cabane hospitalièrePasse eu vain le dieu du repos :Myrtis et la belle étrangèreÉchappent à ses lourds pavots.Leur impatiente jeunesseJouit et désire sans cesse.Ivres de baisers et d'amour,D'amour ils soupirent encore ;Et pourtant la riante AuroreEntr'ouvrait les portes du jour.
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 6[abab] 2[abba] 2[aa]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a solitaire / étrangère féminine, classiqueb sommeil / vermeil masculine, classiquec princesses / tresses féminine, classiqued encor / d'or masculine, classiquee lis / arrondis masculine, classiquef ceinture / parure féminine, classiqueg brillant / descend masculine, classiqueh l'admire / sourire féminine, classiquei détesté / l'hospitalité masculine, classiquej modeste / Reste féminine, classiquek lit / suffit masculine, classiquel théâtre / l'albâtre féminine, classiquem soupir / plaisir masculine, classiquen hospitalière / étrangère féminine, classiqueo repos / pavots masculine, classiquep jeunesse / cesse féminine, classiqueq d'amour / jour masculine, classiquer encore / Aurore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
36 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Parny, tome I, Paris, CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS, 1831· numérisation gallica.bnf.fr· Sources