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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Œuvres complètes, 1775‑1806

Le voyage de Céline

Évariste de Parny· octosyllabes, 537 vers

« La nuit s'écoule, et vainementJ'attends l'ingrat qui me délaisse.Quelle froideur dans un amant !Quel outrage pour ma tendresse !Hélas ! l'hymen fait mon malheur ;Libre enfin, jeune encore et belle,J'aimai, je connus le bonheur ;Et voilà Dorval infidèle !Chez un peuple sensible et bon,Si noble et si galant, dit-on,Combien les femmes sont à plaindre !L'hymen, l'amour, l'opinion,Les lois même, il leur faut tout craindreTrop heureux ce monde lointain,Fidèle encore à la nature,Où l'amour est sans imposture,Sans froideur, sans trouble et sans fin ! »

Pendant cette plainte chagrine,Du jour tombe le vêtement,Et sur le duvet tristementSe penche la jeune Céline.Un propice habitant du ciel,Connu de la Grèce païenne,Une substance aérienneQue là-haut on nomma Morphel,Descend, l'emporte, et la déposeDans ce désert si bien chanté,Sur ces joncs si fameux qu'arroseLe Mississipi tant vanté.Des vrais amours c'est le théâtre.Heureuse Céline ! en marchant,La ronce et le caillou tranchantEnsanglantent tes pieds d'albâtre ;Mais ils sont vierges ces cailloux,Vierges ces ronces ; quel délice !Vierge encore est ce précipice :Pourquoi fuir un danger si doux ?Dans ce moment vers notre belleUn homme accourt ; noir, sale et nu,Debout il reste devant elle,Et regarde : cet inconnuEst un sauvage véritable,Étranger aux grands sentimens,Bien indigène, et peu semblableAux sauvages de nos romans.Je t'épouse, mais rien ne presse ;En attendant, prends sur ton dosCes outils, ces pieux et ces paux ;Double ta force et ton adresse.Au pied de ce coteau lointainCours vite, choisis bien la place,Et bâtis ma hute ; demainJe te rejoins, et de ma chassePour moi tu feras un festin :Je pourrai t'en livrer les restesBonsoir ; bannis cet air chagrin,Et relève ces yeux modestes :Tu le vois, ton maître est humain. »

Qu'en dites-vous, jeune Céline ?Rien ; elle pleure, et de MorphelFort à propos l'aile divineL'emporte sous un autre ciel.La voilà planant sur les îlesDe ce pacifique océan,Qui ne l'est plus, quand l'ouraganVient fondre sur les flots tranquilles,Ce qu'il fait souvent, comme ailleurs.De vingt peuplades solitairesElle observe les lois, les mœurs,Et surtout les galans mystères ;Mystères ? non pas ; leur amourA la nuit préfère le jour.Céline, en détournant la vue : «L'innocence est aussi trop nue,Trop cynique ; ces bonnes gens,Moins naturels, seraient plus sages.A l'Amour quels tristes hommages !Les malheureux n'ont que des sens.Quoi ! jamais de jalouses craintes ?Jamais de refus ni de plaintes ?Point d'obstacles, point d'importuns ?La rose est ici sans piqûre,Mais sans couleur et sans parfums.Un peu d'art sied à la nature ;Oui, sur l'étoffe de l'amourElle permet la broderie.Adieu donc, adieu sans retourA toute la sauvagerie,Bonne dans les romans du jour. »

Hélas ! elle n’en est pas quitte,Et se trouve, non sans regrets,Parmi les nouveaux Zélandais.La peuplade qu'elle visiteD'une zagaie arme sa main,Y joint une hache pesante,Et marche fière et menaçanteContre le repaire voisin.Femmes, enfans, et leurs chiens même,Tout combat, l'ardeur est extrême,Chez Céline extrême la peur.Les siens sont battus ; le vainqueurSaisit sa belle et douce proie ;Il touche, en grimaçant de joie,La jambe, les mains et les bras ;Il touche aussi la gorge nue,Et dit : « Elle est jeune et dodue ;Pour nous quel bonheur, quel repas ! »Elle frémit, et sur sa tête,Ses cheveux se dressent ; MorphelDérange ce festin cruel ;En Chine elle fuit et s'arrête.

Près d'elle passe un Mandarin,Qui la voit, l'emmène et l'épouse.Il n'aimait pas ; mais à PékinL'indifférence est très jalouse.Céline d'un brillant palaisDevient la reine ; hélas ! que faire,Dans un grand palais solitaire,D'une royauté sans sujets ?D'honneurs lointains on l'environne,A ses beaux yeux à peine on donneDu jour quelques faibles rayons,Et dans le fer on emprisonneLa blancheur de ses pieds mignons.L'époux du moins est-il fidèle ?Touche-t-il à ce doux trésor,Et sait-il que sa femme, est belle ?Point ; il achète au poids de l'orUne guenon et pis encor.

Bon Morphel, hâtez-vous ; CélineJamais n'habitera la Chine.Il est sans doute moins-jaloux,Et plus brave il sera plus doux,Le fier et vagabond Tartare,Vainqueur des Chinois si rusés,Si nombreux, et nommé barbarePar ces fripons civilisés.D'une cabane solitaireS'approche la belle étrangère ;Elle entre ; quoi ! point d'habitans ?Vient un jeune homme, en trois instansElle est amante, épouse, mère :En voyage on abrége tout.Plaignons cette mère nouvelle. »Du ménage le soin t'appelle,Dit son Tartare ; allons, debout ! »Elle se lève, il prend sa place,Hume le julep efficace,Avale un bouillon succulent,Puis un autre, craint la froidure,Dans les replis d'une fourrureS'enfonce, parle d'un ton lentTient sur sa poitrine velue,Et berce dans sa large main,L'enfant que sa mère éperdueAbandonne et reprend soudain ;Reçoit la bruyante visiteDe l'ami qui le félicite,Des parens et des alentours ;Et pendant tous ces longs discours,La jeune épouse qu'on délaisseS'occupe, malgré sa faiblesse,De l'accouché qui boit toujours. «A ce sot usage, dit-elle ;Il faudra bien s'accoutumer.Mon époux du reste est fidèle,Point négligent ; on peut l'aimer. »Tout en aimant, dans leur chaumière.Leur bienveillance hospitalièreAdmet un soir deux voyageurs,L'un vieux, l'autre jeune : on devineQu'avec grâce et gaîté CélineDu souper leur fait les honneurs.Sa curiosité naïveLes écoute et devient plus vive.Mais pendant les récits divers,Sur leurs yeux les pavots descendent,Et séparément ils s'étendentSur des joncs de peaux recouverts.La Tartarie est peu jalouse.« Va, dit-elle à la jeune épouse,Offre tes attraits au plus vieux :— Y pensez-vous ? — Un rien t'étonne.Va, l'hospitalité l'ordonne.— Vous y consentez ? — Je fais mieux,Je l'exige. — Mais il faut plaire,Pour être aimé ; sans le désir,Comment peut naître le plaisir ?Je n'en ai point. — Tant pis, ma chère ;Il en aura, lui, je l'espère.S'il n'en avait pas ! sur mon frontQuel injuste et cruel affront ! »Elle obéit, non sans scrupule,Et revient un moment après.« Déjà ? dit l'époux ; tes attraits…— Votre coutume est ridicule,Et vous en êtes pour vos frais.— L'insolent ! s'il paraît coupable,Son âge est une excuse. — Non.La fatigue… — Belle raison !— Cependant le sommeil l'accable.— J'y mettrai bon ordre ; un bâton ! »A grands coups il frappe, réveille,Chasse, poursuit le voyageur,Et venge son étrange honneur.Puis il dit : « L'autre aussi sommeille ;Mais avant tout il voudra bienFaire son devoir et le mien.Va. — Peux-tu… ?— Point de remontrance.J'ai cru qu'on savait vivre en France. »Tout s'apprend ; à vivre elle apprit.L'étranger poursuit son voyage ;A sa femme docile et sageLe mari satisfait sourit,Et dit d'une voix amicale :« Écoute : la foi conjugaleA l'usage doit obéir ;Mais à présent il faut, ma chère,Expier ta nuit, et subirUne pénitence légère. »Le houx piquant arme sa main ;Son épouse répand des larmes,Et les larmes coulaient en vain ;Aux fouets Morphel soustrait ses charmes.

Voici l'Inde ; spectacle affreux !Que veulent ces coquins de Brames,D'un bâcher excitant les flammes,Et ce peuple abruti par eux ? «La victime est jeune et jolie,Répète Céline attendrie :Je la plains, et l'usage a tort.On doit pleurer un mari mort,Et sans lui, détester la vie ;Mais le suivre ! c'est par trop fort. »

Vers Ceylan l'orage la pousse.La loi dans cette île est très douce,Et deux maris y sont permis.Céline plaît à deux amis.Entre eux ils disent : « Femme entièrePour chacun de nous est trop chère ;Partageons ; à son entretienAlors suffira notre bien.Si l'épouse est active et sage,Les seins, les comptes du ménage,Par elle seront mieux réglés :Les garçons toujours sont volés. »Que fait Céline ? Une folie.Mais l'amour jamais en AsieNe se file ; point de délais ;Et voilà nos deux ChingulaisMariés par économie.La beauté partout a des droits :Pour Céline le premier moisFut neuf et vraiment admirable,Le second seulement passable,Le troisième assez misérable,Le quatrième insupportable. «J'aurais dû prévoir ces dégoûts,Dit-elle ; quel sot mariage !L'homme qui consent au partageN'est point amant, pas même époux.Au public je parais heureuse :J'ai de beaux schals, un bel écrin,Et dans mon léger palanquinJe sors brillante et radieuse ;Je suis maîtresse à la maison,Mais toujours seule : ma raisonSait juger les lois politiques,Et les abus enracinés ;Dans les états bien gouvernés,Il n'est point de filles publiques, »Passons-lui cet arrêt léger,Ne fut-ce que pour abréger.Jeune femme que l'on offenseTrouve aisément à se venger ;Mais, quoique juste, la vengeancePour elle n'est pas sans danger.Chez leur épouse avec mystèreLes deux amis entrent un soir.Que veulent-ils ? le froid devoirA la beauté pourrait il plaire ?Au devoir ils ne pensent guère.A quoi donc ? Vous l'allez savoir :L'un d'opium tient un plein verre,L'autre un lacet ; il faut choisir.Non, répond-elle, il faut partir.

Elle part, vole, voit l'Afrique,Passe le brûlant équateur,Et, chez un peuple pacifique,Trouve l'amour et le bonheur.Est-il de bonheur sans nuage ?Son amant l'observe de près,Il craint ; et, fidèle à l'usage,Il s'adresse à l'aréopage,Composé de vieillards discrets.En pompe on vient prendre Céline,Et dans le temple on la conduit.Blanche et triste y sera sa nuit :De l'inconstance féminineL'ange correcteur descendra,Et Céline s'en souviendra.En effet, il vient ; notre belle,Tombant sous sa robuste main,Frissonne, et la verge cruelleVa punir un crime incertain :Du pays c'est l'usage étrange.Mais, par un miracle imprévu,Un éclat soudain répanduRemplit le temple ; voilà l'angeQui s'échappe sans dire un mot ;Et Céline crie aussitôt :« Quoi ! c'est mon amant ? Quel outrage !Quelle ruse ! quoique sauvage,Ma foi, ce peuple n'est point sot. »

Fuyez, le danger peut renaître.On parle d'un peuple voisin ;Chez ce peuple la loi peut-êtreVous accorde un plus doux destinIl faut tout voir et tout connaître.Elle arrive, et sourit d'abord.Point de princes, mais des princessesDont les refus ou les caressesDe leurs époux règlent le sort,L'époux n'a qu'un mince partage.De sa femme empruntant l'éclat,Prince sans cour et sans éclat,Il plaît, c'est son seul apanage ;Amour éternel et soumis,C'est sa dette ; de par l'usage,A l'épouse tout est permis,A l'époux rien ; veillé par elle,S'il s'avise d'être infidèle,Le voilà déprincipisé,Battu, proscrit et méprisé.Vous soupirez, belle Céline !Qu'avez-vous donc, Je le devine.Il faut un trône à la beauté ;Qu'elle règne c'est son partage ;Mais ce principe clair et sage,Par les poètes adopté,Et dans les chansons répété,N'a point encor changé l'usage ;L'usage est un vieil entêté. «Ce pays, si j'étais princesse,Dit Céline, me plairait fort ;Mais des autres femmes le sort,Comme ailleurs m'afflige et me blesse.Que je hais la loi du plus fort ! »Si la force, frondeuse aimable,Est parfois injuste pour vous,La loi du plus faible, entre nous,Serait-elle bien équitable ?Sar ce point on disputera,Et jamais on ne s'entendra.

Femme jolie est difficile.Morphel, toujours preste et docile,La transporte plus loin, plus près,Je ne sais où : dans cet asileSes vœux seront-ils satisfaits ?Un peuple immense l'environne ;D'or et de myrte on la couronne ;Avec pompe sur un autelUn groupe amoureux la dépose ;A ses pieds qui foulent la roseOn brûle un encens solennel ;Les hymnes montent jusqu'au ciel : «Jadis dans ses plus beaux ouvragesL'homme adora le Créateur,Mais du jour l'astre bienfaiteurAvait-il droit à tant d'hommages ?Femmes, nos vœux reconnaissansRéparent cette longue injure :Doux chef-d'œuvre de la nature,Reçois notre éternel encens. » «Messieurs, dit-elle, quel prodige ;Chez les plus forts tant de raison,Tant de justice ! Mais où suis-je ?De ce pays quel est le nom ? »Une voix lui répond : « Princesse,Reine, impératrice, déesse,Régnez sur un peuple d'amans.Pour les hommes sont la tristesse,L'espoir timide, les tourmens,La folle et jalouse tendresse,Et l'esclavage des sermens ;Pour vous toujours nouvelle ivresse,Toujours nouveaux enchantemens,Mêmes attraits, même jeunesse ;Et les plaisirs pour votre altesseEu jours changeront leurs momens :Elle est au pays des romans. »

Tout disparaît, et c'est dommage.Cet épisode du voyageCoûte à Céline quelques pleurs.Pour la distraire, au loin son guideLa promène d'un vol rapide.Dans un bois d'orangers en fleurs,Qu'un vent doux rafraîchit sans cesse,Elle entre, et dit : « Lieux enchanteurs !Où sont vos heureux possesseurs ? »Passent un Caffre et sa maîtresse.Quelle maîtresse ! Pour cheveux,L'épaisseur d'une courte laine ;Pour habit, des signes nombreuxImprimés sur la peau d'ébène ;Le front et le nez aplatis,Des deux lèvres la boursouflure,Bouche grande et les yeux petits,Un sein flottant sur la ceinture ;Bref, le fumet de la nature,Et ses gestes trop ingénus ;Chez les Caffres telle est Vénus.L'orgueil est parfois raisonnable :Céline donc de sa beautéPrévoit l'effet inévitable,Et craint un viol effronté.Touchantes, mais vaines alarmes !A l'aspect de ces nouveaux charmes,L'Africain recule surpris,De la surprise passe aux ris,Et dit : « O l'étrange figure !D'où vient cette caricature ?Ils sont plaisans ces cheveux blonds,Flottant presque jusqu'aux talons.Quelle bouche ! on la voit à peine.Jamais sein, chez l'espèce humaine,D'une orange eut-il la rondeur ?Vive une molle négligence !Des yeux bleus ! Quelle extravagance !Blanche et rose ! Quelle fadeur !Va, guenon, cache ta laideur. »Céline, étouffant de colère,S'enfuit, et ne pouvant mieux faire : «Ce pays, malgré son beau ciel,Malgré son printemps éternel,De tous est le moins habitable. »Elle dit : l'ange secourableDe ces mots devine le sens ;Il l'enlève, et tandis qu'il vole,Par quelques grains d'un doux encensSa bienveillance la console.Céline, moins timide alors,Regarde son guide, soupire,Et son trouble en vain semble direPourquoi n'avez-vous pas un corps ?

Dans les plaines de la SyrieEnfin la dépose Morphel.Partout on rencontre Israël ;Israël la trouve jolie,La mène au marché de Damas,Et met en vente ses appas.Auriez-vous donc un prix, Céline ?Un gros Turc arrive en fumant,De la tête aux pieds l'examine,Toujours fume, et dit froidement,« Est-elle vierge ? — Non, Française.— Combien ?— Mille piastres. — Ah, juif !— Grâce et gentillesse. — Fadaise.— Le regard doux et fin. — Trop vif.J'aimerais mieux une maîtresseD'esprit et de corps plus épaisse.Mais passons sur ce dernier point ;Du repos ; un mois d'épinettes,Et de baume force boulettes,Doubleront ce mince embonpoint.Trois cents piastres. — Par le prophète,Je suis des juifs le plus honnête,Et je veux au fond des enfersTomber vivant… — Point de blasphème ;Adieu.— Cinq cents ?— Trois cents, et même…— Allons, prenez-la ; mais j'y perds. »L'autre paie, à regret peut-être,Et lentement s'éloigne ; en maîtreA sa porte il frappe trois coups :Aussitôt se meuvent et crientSerrures, barres et verroux.Pauvre Céline, où tombez-vous !Trois rivales ? elles sourient,Mais de dépit, et le courrouxS'allume dans leurs yeux jaloux.L'injure peut-être allait suivre ;Le Mustapha, sans s'émouvoir,D'un mot les rend à leur devoir : «Paix et concorde, ou je vous livreAux fouets du vieil eunuque noir. »En vain leur fierté mécontenteFit valoir ses droits au mouchoir ;Il fallut à la débutanteCéder le rôle et le boudoir.Point de premier acte en Turquie ;La Française y tenait un peu,Le Musulman siffle son jeu,Et se fâche ; la comédieDevient drame, et puis tragédie.Céline donc, par dénoûment,Prend un stylet de diamant,Le laisse échapper, le relève,S'éveille avant le coup fatal,Et s'écrie : « Ah ! c'est toi, Dorval ?Après je te dirai mon rêve. »

Malgré quelques légers dégoûts,Mesdames, demeurez en France.Le pays de la toléranceEst-il sans agrémens pour vous ?Trop souvent un épais nuageObscurcit le ciel des amours,Et sur l'hymen gronde l'orage ;Mais si vous donnez les beaux jours,Convenez-en, presque toujoursLes tempêtes sont votre ouvrage :Quelle imprévoyance, et parfoisQuelle erreur dans vos premiers choix !L'ennui peut paraître incommode :Le mot de mœurs est à la mode,La moralité vous poursuit ;En prose, en vers, même en musique,Sans goût, sans cause, on vous critique,Sans fin, sans trêve, on vous instruit ;Maint vieux libertin émérite,Maint petit rimeur hypocrite,Maint abonné dans maint journal,De vos plaisirs, de vos parures,De vos talens, de vos lectures,Se fait contrôleur général :Eh bien ! a tout cela quel mal ?De vous ces gens n'approchent guère,Et vous ne lisez pas, j'espère,Un sot qui croit être moral.Cessez donc, vos plaintes, Mesdames,L'infaillible Église jadisA vos corps si bien arrondisDurement refusa des âmes ;De ce concile injurieuxSubsiste encor l'arrêt suprême ;Qu'importe ? Vous charmez les yeux,Le cœur, les sens, et l'esprit même ;Des âmes ne feraient pas mieux.

Versification

Mètre
Octosyllabes
Mots à la rime
a vainement / amant masculine, classiqueb délaisse / tendresse féminine, classiquec malheur / bonheur masculine, classiqued belle / infidèle féminine, classiquee bon / dit-on / l'opinion masculine, classiquef plaindre / craindre féminine, classiqueg lointain / fin masculine, classiqueh nature / imposture féminine, classiquea chagrine / Céline féminine, classiqueb vêtement / tristement masculine, classiquec ciel / Morphel masculine, classiqued païenne / aérienne féminine, classiquee dépose / qu'arrose féminine, classiquef chanté / vanté masculine, classiqueg théâtre / d'albâtre féminine, classiqueh marchant / tranchant masculine, classiquei cailloux / doux masculine, classiquej délice / précipice féminine, classiquek belle / elle féminine, classiquel nu / inconnu masculine, classiquem véritable / semblable féminine, classiquen sentimens / romans masculine, classiqueo presse / adresse féminine, classiquep dos / paux masculine, classiqueq lointain / demain masculine, classiquer place / chasse féminine, classiques festin / chagrin / humain masculine, classiquet restes / modestes féminine, classiquea Céline / divine féminine, classiqueb Morphel / ciel masculine, classiquec îles / tranquilles féminine, classiqued océan / l'ouragan masculine, classiquee ailleurs / mœurs masculine, classiquef solitaires / mystères féminine, classiqueg amour / jour masculine, classiqueh vue / nue féminine, classiquei gens / sens masculine, classiquej sages / hommages féminine, classiquek craintes / plaintes féminine, classiquel d'importuns / parfums masculine, classiquem piqûre / nature féminine, classiquen l'amour / retour / jour masculine, classiqueo broderie / sauvagerie féminine, classiquea quitte / visite féminine, classiqueb regrets / Zélandais masculine, classiquec main / voisin masculine, classiqued pesante / menaçante féminine, classiquee même / extrême féminine, classiquef peur / vainqueur masculine, classiqueg proie / joie féminine, classiqueh bras / repas masculine, classiquei nue / dodue féminine, classiquej tête / s'arrête féminine, classiquek Morphel / cruel masculine, classiquea Mandarin / Pékin masculine, classiqueb l'épouse / jalouse féminine, classiquec palais / sujets masculine, classiqued faire / solitaire féminine, classiquee l'environne / donne / emprisonne féminine, classiquef rayons / mignons masculine, classiqueg fidèle / belle féminine, classiqueh trésor / l'or / encor masculine, classiquea Céline / Chine féminine, classiqueb moins-jaloux / doux masculine, classiquec Tartare / barbare féminine, classiqued rusés / civilisés masculine, classiquee solitaire / étrangère / mère féminine, classiquef d'habitans / instans masculine, classiqueg tout / debout masculine, classiqueh nouvelle / t'appelle féminine, classiquei place / efficace féminine, classiquej succulent / lent masculine, classiquek froidure / fourrure féminine, classiquel velue / éperdue féminine, classiquem main / soudain masculine, classiquen visite / félicite féminine, classiqueo alentours / discours / toujours masculine, classiquep délaisse / faiblesse féminine, classiqueq dit-elle / fidèle féminine, classiquer s'accoutumer / l'aimer masculine, classiques chaumière / hospitalière féminine, classiquet voyageurs / honneurs masculine, classiqueu devine / Céline féminine, classiquev naïve / vive féminine, classiquew divers / recouverts masculine, classiquex descendent / s'étendent féminine, classiquey jalouse / épouse féminine, classiquez vieux / mieux masculine, classiquea t'étonne / l'ordonne féminine, classiqueb plaire / chère / l'espère féminine, classiquec désir / plaisir masculine, classiqued front / affront masculine, classiquee scrupule / ridicule féminine, classiquef après / attraits / frais masculine, classiqueg coupable / l'accable féminine, classiqueh Non / raison / bâton masculine, classiquei réveille / sommeille féminine, classiquej voyageur / honneur masculine, classiquek bien / mien masculine, classiquel remontrance / France féminine, classiquem apprit / sourit masculine, classiquen voyage / sage féminine, classiqueo amicale / conjugale féminine, classiquep obéir / subir masculine, classiqueq chère / légère féminine, classiquer main / vain masculine, classiques larmes / charmes féminine, classiquea affreux / eux masculine, classiqueb Brames / flammes féminine, classiquec jolie / attendrie / vie féminine, classiqued tort / mort / fort masculine, classiquea pousse / douce féminine, classiqueb permis / amis masculine, classiquec entière / chère féminine, classiqued entretien / bien masculine, classiquee sage / ménage féminine, classiquef réglés / volés masculine, classiqueg folie / Asie / économie féminine, classiqueh délais / Chingulais masculine, classiquei droits / mois masculine, classiquej admirable / passable féminine, classiquek misérable / insupportable féminine, classiquel dégoûts / époux masculine, classiquem mariage / partage féminine, classiquen heureuse / radieuse féminine, classiqueo écrin / palanquin masculine, classiquep maison / raison masculine, classiqueq politiques / publiques féminine, classiquer enracinés / gouvernés masculine, classiques léger / abréger masculine, classiquet offense / vengeance féminine, classiqueu venger / danger masculine, classiquev mystère / plaire féminine, classiquew soir / devoir / savoir masculine, classiquex guère / verre féminine, classiquey choisir / partir masculine, classiquea l'Afrique / pacifique féminine, classiqueb équateur / bonheur masculine, classiquec nuage / l'usage / l'aréopage féminine, classiqued près / discrets masculine, classiquee Céline / féminine féminine, classiquef conduit / nuit masculine, classiqueg descendra / souviendra masculine, classiqueh belle / cruelle féminine, classiquei main / incertain masculine, classiquej étrange / l'ange féminine, classiquek imprévu / répandu masculine, classiquel mot / aussitôt / sot masculine, classiquem outrage / sauvage féminine, classiquea renaître / peut-être / connaître féminine, classiqueb voisin / destin masculine, classiquec d'abord / sort masculine, classiqued princesses / caresses féminine, classiquee partage / apanage / l'usage féminine, classiquef l'éclat / éclat masculine, classiqueg soumis / permis masculine, classiqueh elle / infidèle féminine, classiquei déprincipisé / méprisé masculine, classiquej Céline / devine féminine, classiquek beauté / adopté masculine, classiquel partage / sage / l'usage féminine, classiquem répété / entêté masculine, classiquen princesse / blesse féminine, classiqueo fort / sort masculine, classiquep aimable / équitable féminine, classiqueq vous / nous masculine, classiquer disputera / s'entendra masculine, classiquea difficile / docile / asile féminine, classiqueb près / satisfaits masculine, classiquec l'environne / couronne féminine, classiqued autel / solennel / ciel masculine, classiquee dépose / rose féminine, classiquef ouvrages / d'hommages féminine, classiqueg Créateur / bienfaiteur masculine, classiqueh reconnaissans / encens masculine, classiquei injure / nature féminine, classiquej prodige / suis-je féminine, classiquek raison / nom masculine, classiquel Princesse / déesse féminine, classiquem d'amans / tourmens masculine, classiquen tristesse / tendresse féminine, classiqueo sermens / enchantemens masculine, classiquep ivresse / jeunesse / altesse féminine, classiqueq momens / romans masculine, classiquea dommage / voyage féminine, classiqueb pleurs / fleurs masculine, classiquec guide / rapide féminine, classiqued cesse / maîtresse féminine, classiquee enchanteurs / possesseurs masculine, classiquef cheveux / nombreux masculine, classiqueg laine / d'ébène féminine, classiqueh aplatis / petits masculine, classiquei boursouflure / ceinture / nature féminine, classiquej ingénus / Vénus masculine, classiquek raisonnable / inévitable féminine, classiquel beauté / effronté masculine, classiquem alarmes / charmes féminine, classiquen surpris / ris masculine, classiqueo figure / caricature féminine, classiquep blonds / talons masculine, classiqueq peine / humaine féminine, classiquer rondeur / fadeur / laideur masculine, classiques négligence / extravagance féminine, classiquet colère / faire féminine, classiqueu ciel / éternel masculine, classiquev habitable / secourable féminine, classiquew sens / encens masculine, classiquex vole / console féminine, classiquey alors / corps masculine, classiquez soupire / dire féminine, classiquea Syrie / jolie féminine, classiqueb Morphel / Israël masculine, classiquec Damas / appas masculine, classiqued Céline / l'examine féminine, classiquee fumant / froidement masculine, classiquef Française / Fadaise féminine, classiqueg juif / vif masculine, classiqueh maîtresse / épaisse féminine, classiquei point / embonpoint masculine, classiquej d'épinettes / boulettes féminine, classiquek prophète / honnête féminine, classiquel enfers / perds masculine, classiquem blasphème / même féminine, classiquen peut-être / maître féminine, classiqueo coups / verroux masculine, classiquep crient / sourient féminine, classiqueq tombez-vous / courroux / jaloux masculine, classiquer suivre / livre féminine, classiques s'émouvoir / devoir masculine, classiquet noir / mouchoir / boudoir masculine, classiqueu mécontente / débutante féminine, classiquev Turquie / comédie / tragédie féminine, classiquew peu / jeu masculine, classiquex dénoûment / diamant masculine, classiquey relève / rêve féminine, classiquez fatal / Dorval masculine, classiquea dégoûts / vous masculine, classiqueb France / tolérance féminine, classiquec nuage / l'orage / ouvrage féminine, classiqued amours / jours / toujours masculine, classiquee parfois / choix masculine, classiquef incommode / mode féminine, classiqueg poursuit / instruit masculine, classiqueh musique / critique féminine, classiquei émérite / hypocrite féminine, classiquej journal / général masculine, classiquek parures / lectures féminine, classiquel mal / moral masculine, classiquem guère / j'espère féminine, classiquen Mesdames / âmes féminine, classiqueo jadis / arrondis masculine, classiquep injurieux / yeux / mieux masculine, classiqueq suprême / même féminine, classique
Richesse
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537 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Parny, tome I, Paris, CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS, 1831· numérisation gallica.bnf.fr· Sources