Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A M. Antoni Deschamps
Sur les degrés du temple où ta splendeur réside,O chaste poésie, assez et trop longtempsOn a laissé s’asseoir des bandes de marchands ;Il faut purger ton seuil de ce trafic sordide.
Ah ! que ne suis-je, moi, plus vieux ou moins timide !Mais on se raillerait d’un enfant de vingt ans.C’est à vous, Antoni, pontife aux bras puissants,De chasser à grands coups cette cohue avide.
Et les poëtes vrais, les inspirés de Dieu,Qu’on voit si rarement entrer dans le saint lieu,Parce que les marchands y troublent leur prière ;
Quand ils seront certains que la halle et ses crisN’effaroucheront plus leurs pensers favoris,Peut-être ils reviendront chanter au sanctuaire.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources