Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A M. Charles b
O critique envieux, à quoi bon m’avertir,Mêlant ton rire faux à ton âcre parole,Que chacun de mes vers, vaine feuille qui vole,Doit bientôt retomber sur la terre et pourrir ?
Pour rêver les honneurs d’un lointain avenir,Je le sais comme toi, mon livre est bien frivole ;Mais du peu que j’ai fait mon âge me console,Et ma vingtième année a le temps de mûrir.
Lorsque l’arbre a subi l’épreuve de l’automne,Juge-le sans pitié sur le fruit qu’il te donne ;Mais, critique jaloux, chaque chose a son temps.
Jeune arbre et jeune muse aisément trouvent grâce ;Si la force leur manque, ils possèdent la grâce :On ne peut demander que des fleurs au printemps.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources