Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A M. le comte Alfred de Vigny
Ta muse, de Vigny, cœur ardent mais timide,Étonne ma pensée et confond ma raison ;Quoique son flot au loin s’étende à l’horizon,Rien comme elle n’est pur, transparent et limpide.
On dirait un lac bleu que pas un vent ne ride ;Mais pour n’être qu’un lac ton vers est trop profond ;Et pourtant, si la sonde en cherche en vain le fond,L’œil le voit clairement sous le cristal humide.
C’est ainsi que souvent la mer, la grande merDont l’immense étendue et s’allonge et se perd,Laisse dormir ses flots fatigués des orages ;
Plus diaphane alors que l’étang le plus pur,De sa nappe au soleil elle étale l’azurEt découvre aux regards son lit de coquillages.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources