Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A mon ami joseph foulon
Je t’aimais bien, Joseph, lorsque, plein de mystère,Tu passais sur nos fronts, cygne chaste et pieux,Et qu’au Dieu qui t’avait rendu mélodieux,Tu chantais les versets de ta douce Prière.
Mais, reployant ton aile et te jetant à terre,Tu foules notre fange, et tu sembles joyeux !La science retient l’oiseau fait pour les cieux,L’oiseau qui peut périr dans sa fausse atmosphère.
C’est mal, ami, c’est mal ; chacun doit accomplirLa mission que Dieu l’a chargé de remplir ;Poëte, il te fallait toujours rester poëte.
Oui, certes ! et Colomb à sa gloire eût forfait,S’il n’était pas allé, de peur de la tempête,Chercher l’autre univers que lui seul devinait.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources