Sonnets et poésies, 1875· Première partie Sonnets publiés en 1835
A mon recueil
SONNET gentil Sonnet, poëme-colibri,De prendre ta volée enfin l’heure est venue :L’air manque au nid étroit qui t’a servi d’abri,Tandis qu’un large ciel rit à ta bienvenue.
Pars donc, mais sois modeste, ô mon Sonnet chéri ;Dieu ne t’a pas créé pour affronter la nue.Des efforts excessifs t’auraient bientôt flétri :Ne monte pas qui veut à la sphère inconnue !
Reste près des gazons, effleure les ruisseaux,Mêle ta voix légère à la voix des oiseaux,Baigne ton aile aux fleurs dont avril se parsème.
Pour être humble, ton sort n’en sera pas moins doux :Le roitelet n’est guère admiré, mais on l’aime.Heureux roitelet ! l’aigle en est parfois jaloux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sonnets et poésies, Nantes - Paris, V; FOREST ET ÉM. GRIMAUD - Alphonse LEMERRE, 1875· numérisation gallica.bnf.fr· Sources